Parallèlement au transhumanisme le plus en pointe, l'astrophysicien américain Robert M.L Baker confirmant depuis peu l'idée que le plus haut degré de cohésion sociale serait réalisé par une communication directe cerveau-à-cerveau, nous modélisons depuis maintenant quelques années  une nouvelle approche  ...

ANACOSM - Anthropologie Médicale

EN SAVOIR PLUS

En 2002, le Dr Robert M.L Baker Jr, célèbre astrophysicien américain déclara lors de conférences données à l'institut d'astrophysique Max Planche en Allemagne et à  l'institut national de physique nucléaire de Genes en Italie, qu'il était tout à fait  possible, de maîtriser la creation  et la réception d'ondes gravitationnelles hautes fréquences (HFGW)...

Transhumanisme et gravitation

EN SAVOIR PLUS

Parallèlement au transhumanisme le plus en pointe, l'astrophysicien américain Robert M.L Baker confirmant depuis peu l'idée que le plus haut degré de cohésion sociale serait réalisé par une communication directe cerveau-à-cerveau (1)(2), nous modélisons depuis maintenant quelques années  une nouvelle approche évolutive humaine, la théorie Æ.


Véritable approche écologique, notre théorie a pour  particularité de prédire, dans le cadre du formalisme de la relativité d'échelle, un type cérébral naturel d'émission-réception d'ondes gravitationnelles hautes fréquences (HFGW) participant au catabolisme cognitif. Si la théorie anthropo-exobiologique Æ se trouvait confirmer,  l'humain deviendrait officiellement la première espèce intermédiaire étudiable à priori.


Convaincu que la nature nous devance toujours dans les innovations techniques, nous soutenons que notre conception de l'humain est la seule à autoriser une approche régressive de sa  structuration anatomique tridimensionnelle. Elle permet ainsi de mieux comprendre les raisons au nombre important de pathologies qui nous touchent.


Notre programme de recherche en anthropologie médicale repose sur l'idée  qu'il est possible de corréler nos  possibles capacités de partage mnésique gravitationnel avec les fréquences d'apparitions de certaines pathologies, notre objectif ultime étant d'augmenter l'efficacité des traitements usuels   grâce à des dépistages plus précoces et mieux ciblés.







1. Application of High-Frequency Gravitational Waves to the Cataclysmic Event of Our First Encounter with Intelligent Extraterrestrial Beings. Robert ML Baker Jr, Journal of Applied Mathematics and Physics, 2016, 4, No. 1, 110-129. (Lien) (PDF)


2. Échange mail, Robert M.L Baker - Mounir Belgacem ( Anacosm ), mai 2016.

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ANACOSM - Anthropologie Médicale

Ondes gravitationnelles hautes fréquences et cerveau

En 2002, le Dr Robert M.L Baker Jr, célèbre astrophysicien américain déclara lors de conférences données à l'institut d'astrophysique Max Planche en Allemagne et à  l'institut national de physique nucléaire de Genes en Italie, qu'il était tout à fait  possible, de maîtriser la creation  et la réception d'ondes gravitationnelles hautes fréquences (HFGW):


"Aujourd'hui, nous avons l'opportunité unique d'étudier et d'utiliser le phénomène des ondes gravitationnelles prédites par Einstein et Poincaré il y a des décennies, du fait des avancées récentes en technologie. Aujourd'hui nous avons les moyens de créer et de détecter des HFGW en laboratoire parce que ces détecteurs sont disponibles."(1)


En janvier 2010, il publia un article concernant les applications militaires des ondes gravitationnelles hautes fréquences (2).

Malgré les conclusions publiques du rapport JASON qui établirent à la demande de la direction du renseignement national américain que l'utilisation des HFGW ( ondes gravitationnelles hautes fréquences ) n'était pas envisageable , et qu'elle n'engageait donc pas la sécurité nationale américaine (3),  des programmes militaires sur le sujet font plus que jamais l'objet de recherches très actives. (4)(5)(6)(7)(8)


En Janvier 2016, dans un article intitulé "Application des ondes gravitationnelles hautes fréquences à l' événement cataclysmique de notre première rencontre avec des extraterrestres intelligents", paru dans la revue académique, Journal de Mathématiques et Physique Appliqués (JAMP - Journal of Applied Mathematics and Physics), il déclara :


"Des êtres avancés utilisent probablement  la communication directe cerveau-à-cerveau et ont en conclue que la recherche en communication cerveau à cerveau et la détection d'HFGW ( ondes gravitationnelles hautes frequences ) doit etre encouragés."(9).


En mai 2016, il nous confia qu'il considérait la communication directe cerveau-à-cerveau comme le plus haut degré de socialisation possible, et qu'elle était pour lui plus qu'une certitude.(10)


Robert M. L. Baker, Jr.  est né le 1 Septembre, 1930.


Il a été le  premier scientifique américain  à obtenir le grade de docteur en ingénierie avec une spécialisation en aéronautique. Robert M. L. Baker, Jr a été conférencier et professeur assistant à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA) en astronomie de 1959 à 1963, et au département de génie et de sciences appliquées de 1963 à 1971.


Pendant ce temps, il a également été chargé de cours à l'Académie de la Force aérienne des États Unis.  Il a travaillé durant cette période sur une variété de projets aérospatiaux classés.


Le Dr Baker a été chef de projet sur le développement de plusieurs prototypes et projets d'essai  sous contrat avec l'U.S Navy  ainsi que chercheur principal sur plusieurs projets de la NASA et l'US Air Force


Robert M.L Baker Jr a remporté le prix de l'université de Californie à Los Angeles en  physique, il a été récipiendaire du Prix Brouwer Dirk pour sa contribution exceptionnelle au développement de l'astrodynamique et de la mécanique orbitale, et a été récipiendaire du Outstanding, Homme de l'Année, de la Chambre de commerce et d'industrie, ce prix lui étant remis en 1965 par le president des Etats-Unis Ronald Reagan.


En 1961, il est devenu directeur du Centre de recherche en astrodynamique de Lockheed à Bel Air, en Californie.


En 1964, Robert M.L Baker jr a rejoint  Computer Sciences Corporation en tant que directeur adjoint de l'analyse mathématique.

 

En 1980, il a été élu président de l'Université West Coast.


En 1997, Baker est devenu consultant scientifique pour Transportation Corporation and Gravwave LLC.




1. Robert ML Baker Jr, The Max Planck Institute for Astrophysics (MPA) Gauching, Germany, May 9, 2002, 1530-1700 (Unscheduled; Second Revision May 25, 2002)  And  The National Institute for Nuclear Physics (INFN) Genoa, Italy, May 28, 2002, 1000-1130 (PDF)


2. Military Applications of High-Frequency Gravitational Waves (Abridged), Robert M.L Baker (PDF)


3. JASON, Office of the Director of National Intelligence, Defense Intelligence Agency, Washington, DC 20511 (PDF)


4. Development of Gravitational Radiation Technology for Military Applications (Lien)


5. Gravitational Shockwave Weapons, Fran De Aquino, Maranhao State University, Physics Departmen, Brazil (PDF)


6. Votre cerveau va se transformer en arme (Lien)


7. La télépathie 2.0, rêve ou menace? (Lien)


8. Des chercheurs réussissent à diriger une armée de robots avec le cerveau via une interface de contrôle sans fil (Lien)


9. Application of High-Frequency Gravitational Waves to the Cataclysmic Event of Our First Encounter with Intelligent Extraterrestrial Beings. Robert ML Baker Jr, Journal of Applied Mathematics and Physics, 2016, 4, No. 1, 110-129. ( Lien ) (PDF)


10. Échange mail, Robert M.L Baker - Mounir Belgacem ( Anacosm ), mai 3016.


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Transhumanisme et gravitation

Métamodélisation évolutive Æ

Théorie anthropo-exobiologique

  

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Le  protocole Ganzfeld est utilisé pour étudier les  perceptions extra-sensorielles, et plus particulièrement la  télépathie. Il a été inventé par  Wolfgang Metzger en  1930  puis développé par Charles Honorton  et  Robert Morris  dans les  années 1980.

Les résultats de plus de 130 études réalisées à partir du protocole Ganzfeld montrent une déviation significative par rapport au hasard et font partie des meilleures preuves de l'existence de la télépathie.

Chaque année, environ cinq etudes sont conduites dans différents laboratoires, notamment celui de  l’université d’Édimbourg, dans le but de faire varier différents paramètres du protocole.


Description du protocole:


Le percipient  (un participant qui tente de recevoir des images de l'autre participant) est confortablement installé dans un fauteuil, il a les yeux fermés et porte un casque audio émettant un  bruit blanc. Il décrit ce qu’il perçoit tandis qu’un agent (l'émetteur), situé dans une autre pièce, regarde une cible (une image généralement) sélectionnée aléatoirement.

Le  percipient  doit ensuite classer quatre images (l'image cible + trois leurres) selon leurs similitudes avec ce qu’il a pu voir et ressentir lors de la session de Ganzfeld. S’il classe en première position la cible initiale, c’est une réponse correcte, dans l’autre cas, c’est une mauvaise réponse. Si aucun lien télépathique n'a lieu, le taux de réussite du percipient ne doit pas différer significativement du hasard (ici 25  %).


Entre 1974 et 1981, sur 28 études, réalisé par 10 laboratoires indépendants,  23 présentent des résultats positifs et 12 sont statistiquement significatives, avec un taux de réussite moyen sur les 28 études de 35 % (au lieu de 25 %). (1)(2)(3)

La probabilité pour que ces résultats soient dus au hasard est donc inférieure à 1 chance sur 10000.


Ray Hyman  (un psychologue sceptique membre du  Committee for Skeptical Inquiry) tenta de discréditer la bonne foi des équipes  en invoquant un biais de publication. Les études qui n'auraient pas  donner  de résultats positifs auraient été mises au placard au lieu d'être publiées. Hyman admis que ce biais ne pouvait expliquer les résultats observés car il aurait fallu que soient écartées  423 études. (4)

Suite aux critiques de Ray Hyman, le protocole a été affiné afin d’éviter des biais potentiels (fuites sensorielles, influence de l'expérimentateur ou traces sur les images papier). Il a été reproduit par plusieurs laboratoires  independants et les résultats ont été là aussi statistiquement très significatif, en obtenant une moyenne de réussite  de 33  %. (5)(6)


À partir de 1983, toute influence de l'expérimentateur est évitée avec un protocole entièrement informatisé et automatisé  :  l'Autoganzfeld. (7)

11 réplications confirment un taux de réussite à 32  % (8)

Les étudiants de l'école d'art de  Julliard  (New-York) ont atteint des taux de réussite de 50  % en m  (75  % pour les musiciens) (9)

Si la personne qui regarde l'image et celle qui devine sont amis, le pourcentage de réussite passe à 44  % (8)

l'utilisation de la vidéo fait grimper la réussite à 37  %  (8)

Les états hypnotiques améliorent les résultats. (10)

En 2001 une méta-analyse  reprend les mêmes études et en ajoute 10 récentes. Les résultats sont très significatifs à nouveau. La méta-analyse tient compte des critiques énoncées  : elle évalue la similitude des études avec celles de l'Autoganzfeld (par trois juges indépendants) et montre l'importance des conditions de l'Autoganzfeld pour obtenir des résultats positifs. (5)(11)



La réaction sceptique est étonnante lorsque l'on prend en compte le nombre de réplications indépendantes qui confirment un taux de réussite moyen d'un tiers quand un quart est attendu. Ces preuves seraient suffisantes dans la plupart des domaines scientifiques. Il semble que l'absence de piste explicative pour rendre compte de cette anomalie de communication augmente la résistance à admettre son existence.  





Références

(1)  C. Honorton, «  Meta-analysis of psi ganzfeld research: A response to Hyman  », dans  Journal of Parapsychology, 1985, vol. 49, p. 51-91

(2) R. Hyman, «  The ganzfeld psi experiment: A critical appraisal  », dansJournal of Parapsychology, 1985, vol. 49, p. 3-49

(3)  R. Hyman et C. Honorton, «  A joint communiqué: The psi ganzfeld controversy  », dansJournal of Parapsychology, 1986, vol. 50, no  4, p. 351–364

(4) R. Hyman et C. Honorton, «  A joint communiqué: The psi ganzfeld controversy  », dansJournal of Parapsychology, 1986, vol. 50, no  4, p. 351–364

(5)  D.J. Bem, J. Palmer et R.S. Broughton,«  Updating the ganzfeld database: A victim of its own success?  »,  Journal of Parapsychology,,no  65(3),‎  2001,p.  207–218

(6) p<10exp15  sur les 762 sessions réalisées.

(7)  C. Honorton, R.E. Berger, M.P. Varvoglis, M. Quant, P. Derr, E.I. Schechter et D.C. Ferrari, « Psi communication in the ganzfeld : Experiments with an automated testing system and a comparison with a meta-analysis of earlier studies », dansJournal of Parapsychology, 1990, vol. 54, p. 99-139

(8) D.J. Bem et C. Honorton, «  Does psi exist? Replicable evidence for an anomalous process of information transfer  », dans  Psychological Bulletin, 1994, vol. 115, no  1, p. 4–18

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ANTOINE DELATTRE

3

LEONARD SUSSKIND - JUAN MALDACENA

Leonard Susskind, né le 1ᵉʳ janvier 1940, est un physicien américain qui occupe la chaire Felix Bloch de physique théorique à l'université Stanford, et qui est directeur du Stanford Institute for Theoretical Physics.  

Ses domaines de recherche incluent la  théorie des cordes, la  théorie quantique des champs, la mécanique quantique statistique et la  cosmologie quantique. Il est membre de la National Academy of Sciences, de l' American Academy of Arts and Sciences, est membre associé de la  Perimeter Institute for Theoretical Physics  de la Faculté du Canada et professeur distingué de la  Korea Institute for Advanced Study.


Susskind est considéré comme l'un des pères de la théorie des cordes, ayant, avec  Yoichiro Nambu  et  Holger Bech Nielsen, indépendamment présenté l'idée que les particules pouvaient être la manifestation des différents états d'excitation d'une corde relativiste. Il est le premier à avoir introduit l'idée de «  paysage  » dans la  théorie des cordes, en  2003. En  1998, il a reçu le  Prix Sakurai.


Juan Martin Maldacena, né le 10 septembre 1968 à  Buenos Aires  en  Argentine, est un  théoricien  en  physique  .   Professeur à l'université de Princeton, il a notamment travaillé sur le  principe holographique.


Dans un travail conjoint, ils assimilent en juin 2013 l'intrication quantique  à la pliure extrême de  l'espace-temps, historiquement révélé par Einstein et que l'on nomme pont d'Einstein-Rosen ou plus communément trou de ver. La formule s'écrit  : (ER=EPR)


Meme s'il s'agit initialement d'une résolution du paradoxe du pare-feu AMPS, leur solution corrobore l'idée que se font de plus en plus de physiciens, tel Van Raamsdonk, qui affirment que l'intrication quantique est  à la source de la géométrie de l’espace-temps.


En effet, la structure spatio-temporelle représentant la manière dont le système quantique serait intriqué, l'espace se décrirait comme une construction faite à partir d’enchevetrements quantiques, l'intrication se révélant être une véritable "colle géométrique" de base.



Comme le dit Juan Maldacena :

"Toute la géométrie de l'espace-temps pourrait dépendre des liens quantiques entre les particules. La gravité émergerait de l'intrication". (1)


Dans cette logique, Leonard Susskind et Juan Maldacena affirment donc que les tunnels spatio-temporels et les connexions supra-luminique seraient les deux faces d'un même phénomène.


Dans les faits, les auteurs n'hésitent pas à  généraliser cette découverte, en affirmant que  toute paire enchevêtrée de particules, même celles qui ne sont habituellement pas considérées comme des trous noirs, sont reliés par un trou de ver à l'échelle de Planck.


Ainsi comme l'affirme Leonard Susskind :

"Nous prenons une position radicale  : ER et EPR sont liés irrémédiablement. Même la plus simple intrication est connectée par un trou de ver". (2)



Cela suscite à l'heure actuelle beaucoup d’ntérêt. Ainsi, la fondation Simons, une organisation philanthropique basée à New York a annoncé en aout 2015 qu’elle fournirait 2,5 millions de dollars par année pour au moins 4 ans afin d’aider les chercheurs à progresser dans la connexion entre la gravitation et l’information quantique. 


"L'égalité ER=EPR pourrait changer la donne : elle ouvre enfin une porte sur une réalité plus fondamentale que celle à laquelle nous donnent accès les théories actuelles. Elle permet d'éclairer le lien quantique fantôme du point de vue de la réalité". (3)


L’intrication serait l’ingrédient essentiel qui unit l’espace-temps dans un ensemble harmonieux au delà des cas exotiques comme les trous noirs.




Cool horizons for entangled black holes (PDF)

Juan Maldacena and Leonard Susskind


ER=EPR, GHZ, and the Consistency of Quantum Measurements (PDF)

Leonard Susskind


(1) (2) (3) Science et vie, juin 2014, n°1161







  

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PROTOCOLE GANZFELD

Le  protocole Ganzfeld est utilisé pour étudier les  perceptions extra-sensorielles, et plus particulièrement la  télépathie. Il a été inventé par  Wolfgang Metzger en  1930  puis développé par Charles Honorton  et  Robert Morris  dans les  années 1980.

Les résultats de plus de 130 études réalisées à partir du protocole Ganzfeld montrent une déviation significative par rapport au hasard et font partie des meilleures preuves de l'existence de la télépathie.

Chaque année, environ cinq études sont conduites dans différents laboratoires, notamment celui de l’université d’Édimbourg, dans le but de faire varier différents paramètres du protocole.


Description du protocole:


Le percipient  (un participant qui tente de recevoir des images de l'autre participant) est confortablement installé dans un fauteuil, il a les yeux fermés et porte un casque audio émettant un  bruit blanc. Il décrit ce qu’il perçoit tandis qu’un agent (l'émetteur), situé dans une autre pièce, regarde une cible (une image généralement) sélectionnée aléatoirement.

Le  percipient  doit ensuite classer quatre images (l'image cible + trois leurres) selon leurs similitudes avec ce qu’il a pu voir et ressentir lors de la session de Ganzfeld. S’il classe en première position la cible initiale, c’est une réponse correcte, dans l’autre cas, c’est une mauvaise réponse. Si aucun lien télépathique n'a lieu, le taux de réussite du percipient ne doit pas différer significativement du hasard (ici 25  %).


Entre 1974 et 1981, sur 28 études, réalisé par 10 laboratoires indépendants,  23 présentent des résultats positifs et 12 sont statistiquement significatives, avec un taux de réussite moyen sur les 28 études de 35 % (au lieu de 25 %). (1)(2)(3)

La probabilité pour que ces résultats soient dus au hasard est donc inférieure à 1 chance sur 10000.


Ray Hyman  (un psychologue sceptique membre du  Committee for Skeptical Inquiry) tenta de discréditer la bonne foi des équipes  en invoquant un biais de publication. Les études qui n'auraient pas  donner  de résultats positifs auraient été mises au placard au lieu d'être publiées. Hyman admis que ce biais ne pouvait expliquer les résultats observés car il aurait fallu que soient écartées  423 études. (4)

Suite aux critiques de Ray Hyman, le protocole a été affiné afin d’éviter des biais potentiels (fuites sensorielles, influence de l'expérimentateur ou traces sur les images papier). Il a été reproduit par plusieurs laboratoires  independants et les résultats ont été là aussi statistiquement très significatif, en obtenant une moyenne de réussite  de 33  %. (5)(6)


À partir de 1983, toute influence de l'expérimentateur est évitée avec un protocole entièrement informatisé et automatisé  :  l'Autoganzfeld. (7)

11 réplications confirment un taux de réussite à 32  % (8)

Les étudiants de l'école d'art de  Julliard  (New-York) ont atteint des taux de réussite de 50  % en moyenne  (75  % pour les musiciens) (9)

Si la personne qui regarde l'image et celle qui devine sont amis, le pourcentage de réussite passe à 44  % (10)

l'utilisation de la vidéo fait grimper la réussite à 37  %  (11)

Les états hypnotiques améliorent les résultats. (12)

En 2001 une méta-analyse  reprend les mêmes études et en ajoute 10 récentes. Les résultats sont très significatifs à nouveau. La méta-analyse tient compte des critiques énoncées  : elle évalue la similitude des études avec celles de l'Autoganzfeld (par trois juges indépendants) et montre l'importance des conditions de l'Autoganzfeld pour obtenir des résultats positifs. (13)



"La réaction sceptique est étonnante lorsque l'on prend en compte le nombre de réplications indépendantes qui confirment un taux de réussite moyen d'un tiers quand un quart est attendu. Ces preuves seraient suffisantes dans la plupart des domaines scientifiques. Il semble que l'absence de piste explicative pour rendre compte de cette anomalie de communication augmente la résistance à admettre son existence." (Wikipédia)  






(1) C. Honorton, «  Meta-analysis of psi ganzfeld research: A response to Hyman  », dans  Journal of Parapsychology, 1985, vol. 49, p. 51-91

(2) R. Hyman, «  The ganzfeld psi experiment: A critical appraisal  », dansJournal of Parapsychology, 1985, vol. 49, p. 3-49

(3) R. Hyman et C. Honorton, «  A joint communiqué: The psi ganzfeld controversy  », dansJournal of Parapsychology, 1986, vol. 50, no  4, p. 351–364

(4) R. Hyman et C. Honorton, «  A joint communiqué: The psi ganzfeld controversy  », dansJournal of Parapsychology, 1986, vol. 50, no  4, p. 351–364

(5) D.J. Bem, J. Palmer et R.S. Broughton,«  Updating the ganzfeld database: A victim of its own success?  »,  Journal of Parapsychology,,no  65(3),‎  2001,p.  207–218

(6) P<10exp15  sur les 762 sessions réalisées.

(7) C. Honorton, R.E. Berger, M.P. Varvoglis, M. Quant, P. Derr, E.I. Schechter et D.C. Ferrari, « Psi communication in the ganzfeld : Experiments with an automated testing system and a comparison with a meta-analysis of earlier studies », dansJournal of Parapsychology, 1990, vol. 54, p. 99-139

(8) D.J. Bem et C. Honorton, «  Does psi exist? Replicable evidence for an anomalous process of information transfer  », dans  Psychological Bulletin, 1994, vol. 115, no  1, p. 4–18

(9) M.J. Schlitz et C. Honorton, « Ganzfeld psi performance within an artistically gifted population », dans Journal of the American Society for Psychical Research, 1990, vol. 86, p. 83-98

(10) D.J. Bem et C. Honorton, « Does psi exist? Replicable evidence for an anomalous process of information transfer », dans Psychological Bulletin, 1994, vol. 115, no 1, p. 4–18.

(11) D.J. Bem et C. Honorton, « Does psi exist? Replicable evidence for an anomalous process of information transfer », dans Psychological Bulletin, 1994, vol. 115, no 1, p. 4–18.

(12) E.I. Schechter, « Hypnotic induction vs. control conditions: Illustrating an approach to the evaluation of replicability in parapsychological data », dans Journal of the American Society for Psychical Research, 1984, vol. 78, no 1, p. 1–27

(13) D.J. Bem, J. Palmer et R.S. Broughton, « Updating the ganzfeld database: A victim of its own success? », Journal of Parapsychology,, no 65(3),‎ 2001, p. 207–218



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LAURENT NOTTALE

Laurent Nottale  est un astrophysicien français, né le 29 juillet 1952 à Paris,  directeur de recherche au CNRS et chercheur à l'observatoire de Paris-Meudon



C'est à lui que l'on doit le développement de la théorie de la   relativité d'échelle.


La theorie de la relativité d'echelle est une théorie géométrique de l'espace-temps basé sur l'idée que les lois physiques sont valable à toutes les échelles.


La théorie de la relativité d'échelle , ou encore de la relativité fractale, a pour but de mettre un terme à l'opposition traditionnelle relativité générale - mécanique quantique. Avec elle les lois de la nature s'appliquent quel que soit le mouvement, mais aussi l'échelle du système de coordonnées.


Dans la relativité d'échelle, on remplace les grandeurs physiques comme la vitesse ou la longueur, par par des fonctions qui dépendent explicitement de la précision de l'observation, c'est à dire de la  résolution.  Celle-ci devient une variable essentielle, inhérente à l'espace-temps, qui caractérise le système de coordonnées, comme la vitesse caractérise le mouvement. Les  résolutions  en devenant des  variables  à part entière,  jouent pour les transformations d'échelle le rôle que joue la vitesse en ce qui concerne le mouvement.


Elles sont considérées comme définissant l'état d'échelle  du système de coordonnées, de même que la vitesse définit son état de mouvement. Comme la vitesse, elles ne peuvent être définies que de manière relative: seul à un sens un rapport d'échelle, jamais une échelle absolue.


Il s'agit d'une théorie naturelle de l'auto-organisation aux potentialités de développement très large. 


Une application de cette approche a déjà pu être faite à des morphologies de type floral, obtenues comme solutions les plus probables d'un processus de croissance à partir d'un centre.


Un modèle de structure fractale log-périodique pour plusieurs lignées évolutives de l'arbre de la vie a été proposé. Cette description se caractérise par une accélération de la chronologie évolutive vers une époque critique spécifique à chaque lignée. Certaines lignées ont montré une décélération depuis leur époque d'apparition.


La théorie de la relativité d'échelle prévoit selon ses principes une auto-organisation du vivant, notamment grâce à l'apparition de grandeurs physiques de type Newtoniennes cachées.


Plus récemment elle a été utilisée pour décrire la chronologie de l'embryogenèse et du développement humain.


C'est actuellement la seule théorie capable d'expliquer la structuration fractale du vivant comme celle  des vaisseaux sanguins et notamment pulmonaire et coronaire.


A l'instar des divisions bronchiques la structuration arborescente de la vascularisation pulmonaire est là même  à tous les niveaux, aussi bien en ce qui concerne les  vaisseaux de petites tailles que les autres plus gros.


C'est grace a cette structuration de type fractale que la surface d'echange pulmonaire peut être optimale en étant  comprise entre 140 m² et 200 m².


Elle permet ainsi un échange gazeux important sur un volume pulmonaire pourtant réduit.


L'arbre formé par les artères et les veines dans le poumon (permettant le transport de l'oxygène des poumons vers le sang et du dioxyde de carbone du sang vers les poumons), contient 23  itérations (divisions), autrement dit il existe 2e23 ; soit 8 millions d'artérioles ou de veines terminales.


Concernant l'arbre bronchique, après 16 étapes similaires, on obtient 2e16 soit environ 60 000-65 000 bronchioles qui conduisent également à 60 000-65 000 acini (le nombre constituant un poumon humain).


Entre 2006 et 2009, un rapprochement de la relativité d'échelle avec la psychanalyse ( La transitionnalité de l’espace-temps psychique ) et  la psychiatrie à été effectué sous l'impulsion de Laurent Nottale et du Docteur Pierre Timar, médecin psychiatre, membre de la société psychanalytique  :


"Les observations d’Oliver Sacks, concernant des patients souffrant de distorsions temporelles et spatiales dans la maladie de Parkinson et dans l’encéphalite léthargique, offrent ainsi un champ particulièrement pertinent d’application de la relativité d’échelle. Pour ces patients, ce serait l’atteinte du dispositif interne qui nous synchronise avec l’espace-temps externe qui se manifesterait par une variation chaotique de la perception des dilatations et des contractions, une telle déformation interne apparaissant alors naturellement comme étant projetée vers l’extérieur et observable dans le comportement." (1)


"La géométrie de l’espace psychique agirait comme un potentiel. En Relativité Générale, on retrouve le potentiel newtonien comme approximation des potentiels de métrique qui sont de nature géométrique. En Relativité d’Échelle, les effets quantiques se déduisent de la fractalité et la non-différentiabilité de l’Espace Temps, dont la description géométrique peut ensuite se ramener de manière approchée à l’introduction d’un nouveau potentiel. Cela nous ramène à nos tentatives de potentiel psychique, qui se trouveront justifiées dès l’origine; mais ici on a d’emblée une description en terme d’Espace Temps courbe et fractal, avec des puits, des déformations, des obstacles et des trous, des structures à toutes les échelles, qui se traduiront par des trajectoires psychiques attractives ou répulsives, mais aussi erratiques, et dans des cas extrêmes piégées dans des orbites fermées avec en plus des fluctuations incontrôlables" (2)





(1) Relativité d’échelle: application aux perceptions internes spatiales et temporelles, Laurent Nottale, Pierre Timar; Premières Rencontres d’Avignon (2007-2009) autour de la Relativité d’Échelle, sous la direction de L. Nottale et Ph. Martin – ISBN : 2-910545-07-5, pages 95 à 108  (Lien)


(2) Reference: Nottale L. & Timar P., 2006, Psychanalyse et Psychose 6, 195 (Lien)




"La relativité d'échelle se confirme", La Recherche: N°359, décembre 2002 ( Lien )


"La relativité d'échelle à l'épreuve des faits", Pour la Science, N° 309, juillet 2003  ( Lien )


"Entretien avec Laurent Nottale", Automate intelligents, mars 2007 ( Lien )


"L'arbre de la vie a-t-il une structure fractale ?".  (Académie des Sciences, Elsevier 2001)   (PDF)

Chaline, J., Nottale, L., Grou, P., 1999, C.R. Acad. Sci. Paris, 328, IIa, 717  

 

"Relativité d'échelle et morphogenèse"  (PDF)

Nottale L., 2001, Revue de Synthèse, T. 122, 4e S., N°1, janvier-mars 2001, p. 93-116


"On the fractal structure of evolutionary trees"  2001, in "Fractals in Biology and Medicine", Vol III, Proceedings of Fractal 2000 Third International Symposium, Eds. G. Losa, D. Merlini, T. Nonnenmacher and E. Weibel, Birckhäuser Verlag, p. 247   (PDF)

Nottale, L., Chaline, J., & Grou, P.


"The Theory of Scale Relativity: Non-Differentiable Geometry and Fractal Space-Time"  (PDF)

Nottale L., 2004, contribution invitée à CASYS'03, Sixth International Conference  on Computing Anticipatory Systems (Liège, Belgique, Aout 2003), à l'occasion de la remise du CASYS Award. AIP Conference proceedings, 718, 68 


"Evolution morphologique et culturelle humaine: l'apport des modèles fractals ", Développement humain, embryogenèse, 2002, C.R. Biologies  325, 585-590   (PDF)

Cash R., Chaline, J., Nottale, L., Grou, P.




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Francis Bailly, né  le 10 février 1939 en France,  est un chercheur, physicien du solide, au CNRS (Laboratoire de physique du solide de Meudon-Bellevue) de 1962 à 2004. Il est décédé le 5 février 2009.


Giuseppe Longo, né le 23 juillet 1947 à Rome, est un mathématicien, un logicien et épistémologue italien. Il est chercheur à l'École Normale Supérieure à Paris. Directeur de recherche au CNRS, affecté au laboratoire d'informatique de l'ENS,  il enseigne en troisième cycle universitaire. Il a également travaillé aux universités d'Utrecht, d'Oxford, de Berkeley, au Massachusetts Institute of Technology, à l'École Polytechnique fédérale de Zürich, et a été professeur à l'Université Carnegie-Mellon (1987-1988).



Les recherches et l'enseignement de Giuseppe Longo ont porté sur la logique mathématique, la théorie de la récursion, la sémantique dénotationnelle, le lambda-calcul, la théorie des types, la théorie des catégories et leurs applications aux langages fonctionnels. On peut donc le classer comme "informaticien théoricien". Il est membre du comité éditorial de plusieurs revues scientifiques, fondateur et directeur de la revue Mathematical Structures for Computer Science, Cambridge University Press. Il est membre de l’Académie Européenne depuis 1992



Leurs recherches conjointes ont porté sur les sciences cognitives et l'épistémologie des mathématiques. Un projet interdisciplinaire, Géométrie et Cognition (1999-2002), a été le point de départ d’une nouvelle équipe à l’ENS, "Complexité et information morphologiques" (CIM), centrée sur les problèmes fondationnels à l’interface entre Mathématiques, Physique et Biologie. Il ont proposés de nouveaux principes d’intelligibilité pour rendre compte de certains aspects de l’analyse du vivant (la singularité physique du vivant, (Hermann, 2006))


Dans l'article "schèmes géométriques pour le temps biologique" , ils tentaient en 2006 de décrire la structure géométrique du temps biologique, tout en lui conservant sa traditionnelle dépendance au tissu spatio-temporel:


"De notre point de vue, le vivant est un vrai "organisateur" du temps ; par son autonomie et son action, il lui donne une structure infiniment plus complexe que l’ordre algébrique des entiers naturels (le temps du calcul), mais aussi que n’importe quelle organisation que l’on puisse proposer pour le temps de la matière inerte, car le temps du vivant, par ses rythmes propres, s’articule intimement avec celui de la physique, tout en gardant son autonomie. Nous voudrions donc contribuer à rendre mathématiquement intelligible la complexité morphologique du temps biologique, en présentant une géométrie possible de sa structure".



Dans cette démarche,  ils furent les premiers, à comprendre que les processus cognitifs, classiquement étudiés selon deux formalismes  irréconciliables, nécessitaient pourtant une nouvelle approche,  globale.

En effet, au niveau neuronal, des effets d'intrication quantique semblent inévitablement mélangés à des effets physiques classiques :


"Quand on nous raconte que le cerveau, avant une saccade oculaire, prépare par une anticipation évidente le cortex primaire correspondant, apte à recevoir le nouveau signal, il y a certainement un mécanisme physico-chimique sous jacent qui permettra un jour de saisir le phénomène par une causalité physique (une causalité peut-être à inventer: et s’il s’agissait d’un effet d’intrication quantique, mélangé à du classique ?)".






Schèmes géométriques pour le temps biologique ( PDF )

Francis Bailly, Giuseppe Longo





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FRANCIS BAILLY - GIUSEPPE LONGO

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VINCENT FLEURY

Vincent Fleury est un biophysicien  spécialiste de morphogenèse,  né le  20  décembre  1963  en  Tunisie.  Il est directeur de recherche au CNRS, Laboratoire Matière et Systèmes Complexes, Université Paris Diderot. 



Vincent Fleury étudie les mécanismes physiques de la croissance des cristaux et les bases physiques du développement embryonnaire dans le but de comprendre l'auto-organisation des vaisseaux sanguins. Développant une technique unique permettant d'étudier au plus près le développement embryonnaire, il propose une théorie reposant sur l'idée que des forces physiques établissent  la forme globale des embryons aux premiers jours du développement.

Il fait  entrer  ainsi en embryologie, et au-delà, dans la pensée de l'évolution, les propriétés matérielles de la matière vivante, en particulier sa fluidité.


La matière vivante, obéissant aux lois de l'hydrodynamique, serait contrainte par un ensemble de lois très communes en mécanique (conservation de la masse, équilibre visco-élastique, conditions aux limites des champs de vecteurs). La prise en compte de ces notions éclaire la morphogenèse embryonnaire, et explique très simplement les grandes lignes de la  formation  d'un animal.


Cette théorie ne contrevient pas au darwinisme stricto sensu :


"De même, et contrairement à une idée répandue, la génétique du XXe  siècle n'a pas apporté d'explication ultime aux formes observées, les forces physiques mises en jeu au cours du  développement  ayant été négligées...Depuis quelques années une avalanche de travaux [E. A. Zamir, B. J. Rongish, and C. D. Little, PLoS Biol. 6, e247 (2008), M. Chuai and C. Weijer, HFSP, J 3 (2), 71, (2009), Pouille PA, Ahmadi P, Brunet AC, Farge E. Science Signaling, 14, 2(66) (2009)] vient  confirmer  que la physique joue un rôle primordial dans l'établissement des formes du vivant."  (1)


"La mise en place de la formation d'un organisme dépendrait des lois physiques et non d'instruction contenue dans les gènes, comme l'ont longtemps pensé les biologistes. En filmant des embryons de poulets ‚ âgés d'un ou deux jours, Vincent fleury, biophysicien à l'université Paris Diderot, vient de montrer que la formation de leurs têtes était déclenchée par une seule et même force... Analyse mathématique à l'appui, il a établi que le phénomène de repliement de la matière embryonnaire, qui aboutit a la formation de la tête, était uniforme et possédait toutes les caractéristiques d'un écoulement viscoélastique. Comme si l'on appuyait au centre une boule de pâte à modeler (...) " (2)


En effet Vincent Fleury est le premier scientifique à avoir proposé un jet cellulaire pour expliquer le développement, et l'évolution de la tête des tétrapodes  :

"Le mouvement de repli et d’étirement des tissus au moment de la formation de la tête a été suivi avec une très grande précision sur des embryons vivants, au stade exact de formation du pli céphalique par Vincent Fleury du laboratoire de Matière et Systèmes Complexes (CNRS/Université Paris-Diderot-Paris 7). Ces observations révèlent que la formation de l’ébauche de la tête est une conséquence purement physique de la collision des parties gauche et droite de l’embryon qui s’aplatissent l’une contre l’autre comme de la guimauve. Ces travaux viennent d’être publiés dans la revue  European Physical Journal...En mesurant avec une très grande précision les champs de vitesse au moment exact de la collision Vincent Fleury montre expérimentalement et confirme, par une analyse mathématique des champs de vecteurs, que le mouvement est continu, à vitesse constante pendant l’ensemble du phénomène. ... Des travaux analogues, en collaboration avec O. Boryskina et Alia Al-Kilani, montrent que des effets semblables se produisent pendant la formation des pattes."  (3)


"Le problème de la formation des êtres vivants, du moins tel que je le pose, pourrait ne pas relever de la paléontologie et presque pas de la génétique, mais être un problème de physique..sur la base de travaux scientifiques récents, je démontre ici que l'évolution a bien un sens, conditionné non pas par la séléction naturelle mais par les possibilités physiques, mécaniques, de déplacement de la "matière vivante"...Ainsi, en suivant un certain mouvement, les animaux apparaissent dans un certain ordre, qui n'est pas du tout fortuit et n'est pas directement inscrit dans les gènes." (4)


"Cet accroissement du cerveau survient en même temps qu'un recul de la machoire et une projection des yeux sur le devant de la face...On comprend, en suivant le mouvement possible des cellules, pourquoi se succèdent des animaux avec des nageoires puis avec des membres, des animaux sans tete puis avec une tete, etc. Et lorsqu'on passe à la lignée humaine, il apparaît que ce mouvement des cellules explique aussi comment s'est produit l'accroissement du cerveau et pourquoi il était inéluctable." (5)




"Si d'arcy Thompson ne s'est pas trompé, la morphogénèse traite la matière vivante comme une guimauve, ou une argile, une pâte qui s'étale plus ou moins selon, selon...mais selon quoi ? quelle force étire donc la pâte?" (6)



"Dans le même temps, ces analogies révèlent des sortes de correspondances presque transcendantes qui participent de l'unité du monde." (7)



"Le hasard des interactions entre animaux, ou , si l'on veut, le hasard des chaînes alimentaires à un moment donné ne crée strictement rien et, nécessairement, le hasard qui entoure les évènements n'est pas la cause de l'émergence de l'homme." (8)


"Si les animaux formaient un "gaz de possibles" passant à travers la passoire de la séléction, les humains auraient des capacités de saut dans les arbres, ou des ailes dans le dos. Cet argument, par trop réthorique, veut simplement illustrer le fait que les hommes sont aussi très gauches et qu'ils auraient pu être bien meilleurs, avoir moins mal au dos, courir plus vite, avoir des dents tranchantes. En dehors de notre esprit (...), toutes nos aptitudes (physiques) sont médiocres; ainsi, en combat singulier, à mains nues, un homme seul perd à mon avis contre à peu près tous les grands mammifères [...] on trouve beaucoup de représentants dans la lignée des homminidés qui présentent des aptitudes très supérieures à celles des humains, et dans maints domaines." (9)


"La bipédie n'a aucun rapport avec la savane, la forêt ou le pôle nord; la bipédie est une structure anatomique possible, le long d'une succession de structures anatomiques possibles.[...] la construction d'un animal est, à la racine, complètement indépendante du biotope. Aucun gène ne "sait" dans quel biotope il oeuvre. Ouvrez vos yeux: tous les oiseaux sont bipèdes dans tous les biotopes." (10)


"je veux dire qu'il est impossible d'obtenir un accroissement de la tête qui ressemble à un gonflement, entre un rayon r et R d'une coque osseuse à partir de mutations aléatoires, avec aussi peu d'animaux que la nature est capable d'en produire. Si l'on suppose, absurdement, que des mutations aléatoires consistent en une sorte de "cabossage" ou "extrusion" aléatoire d'une petite surface de la  tête, il est impossible d'obtenir par ce rétamage un accroissement homothétique ou presque de la boîte crânienne. Il est bien plus probable qu'un mécanisme simple d'accroissement du crâne soit là, prêt à servir, tous les interrupteurs chimiques étant reliés aux forces de poussée, et qu'il suffise de pousser un peu le bon taquet pour obtenir de façon globale un accroissement, certes incrémental, de l'ensemble du crâne, dans un sens commandé par la physique du crâne."  (11)


"...on voit se profiler un possible sens de l'évolution, qui serait gravé dans la façon dont les crânes se déforment, ce qu'on appelle le champ de déformation, en mécanique."  (12)








(1) Vincent Fleury, Le monde, 29 janvier 2010 ( Lien )

(2) Sciences et vies, novembre 2011, n°1130, page 15

(3) Des forces physiques établissent la forme globale des embryons, pubication CNRS, ( Lien )

(3) Vincent Fleury, De l'oeuf à l'éternité le sens de l'évolution, Flammarion, p 8

(4) Ibid, op. Cit p 9

(5) Ibid, op. Cit p 36

(6) Ibid, op. Cit p 99

(7) Ibid, op. Cit p 197

(8) Ibid, op. Cit p 203

(9) Ibid, op. Cit p 205

(10) Ibid, op. Cit p 210

(11) Ibid, op. Cit p 211



An Elasto Plastic Model of Avian Gastrulation, 2005 (PDF)

V. Fleury.


Clarifying tetrapod embryogenesis, a physicist’ point of view, 2009 ( PDF)


Limb positioning and shear ows in tetrapods, 2012 (PDF)

O.P. Boryskina, A. Al-Kilani, V. Fleury

            

Vincent Fleury, References of articles  ( Lien )




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CHARLES DARWIN

Charles Robert Darwin, né le12  février  1809, est un  naturaliste  anglais  dont les travaux ont porté sur l'évolution des espèces vivantes.


Célèbre au sein de la communauté scientifique de son époque pour son travail sur le terrain et ses recherches en  géologie, il reste le codécouvreur de l'hypothèse selon laquelle toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps à partir d'un seul ou quelques ancêtres communs grâce au mécanisme de la sélection naturelle.


La sélection naturelle telle que l'a énoncé Darwin, est une «  tentative d'articulation harmonieuse  » du transformisme lamarckien, qu'il formalise sous le nom de pangénisme,  et de buissonement dans le cadre Malthusien des populations.


Pour Thomas Malthus  (1766-1834), les lois universelles de la nature démontrent l'existence d'une loi de population qui s'énonce  :


"Le pouvoir multiplicateur de la population est tel qu'en l'absence de freins, celle-ci augmente plus rapidement que les subsistances, ce qui se traduit par des famines, des guerres et une surmortalité."


Darwin généralise par analogie faite avec l'élevage domestique sa théorie au monde sauvage. Il défend ainsi  l'idée que l'intégralité des caractères spécifiant les espèces sont issus de la survivance sélective de petites variations avantageuses accumulées au fil des générations.

 

Ainsi, dans le cadre de l'évolution humaine, Darwin ne cessera de soutenir  le Monogénisme ou monocentrisme, théorie selon laquelle toutes les  races humaines  dériveraient d'un type, d'une population, voire d'un couple unique, s'opposant de fait au polygénisme, théorie raciste du XIIIè siècle, défendue notamment par certains philosophes des  «  lumières  » comme Voltaire, Kant ou Montesquieu.


"Il me semble alors que je suis assez bien fondé à croire qu’il en est des hommes comme des arbres  ; que les poiriers, les sapins, les chênes et les abricotiers, ne viennent point d’un même arbre, et que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crins, et les hommes sans barbe, ne viennent pas du même homme." (1)


"Il n’est permis qu’à un aveugle de douter que les blancs, les nègres, les albinos, les Hottentots, les Chinois, les Américains, soient des races entièrement différentes." (2)


"Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est impossible de les plaindre ... Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, ..."  (3)


"Les nègres d'Afrique n'ont reçu de la nature que le goût des sornettes. Monsieur Hume  défie qui que ce soit de lui citer l'exemple d'un nègre qui ait montré des talents, et il affirme que, parmi les centaines de mille de noirs transportés loin de leur pays, et dont un grand nombre cependant ont été mis en liberté, il ne s'en est jamais trouvé un seul pour produire quelque chose de grand dans les arts, dans les sciences ou dans quelque autre noble discipline, tandis qu'il n'est pas rare de voir des blancs issus de la plèbe susciter l'admiration du monde par l'excellence de leur dons ... " (4) 


"La question de savoir si l'humanité se compose d'une ou de plusieurs espèces a ces dernières années été beaucoup discutée par les anthropologues, qui se sont répartis entre deux écoles le monogénisme et le polygénisme. Ceux qui n'admettent pas le principe de l'évolution doivent considérer les espèces comme des créations distinctes, ou en quelque sorte comme des entités distinctes, et ils doivent décider quels sont les types d’hommes qu'ils considèrent comme des espèces par l'analogie avec la méthode généralement appliquée pour classer les êtres organiques en espèces.(...)Les naturalistes, d'autre part, qui admettent le principe de l'évolution, et cela est maintenant admis par la majorité des hommes de progrès, n’hésiteront pas à considérer que toutes les races humaines sont les descendants d'un stock unique primitif  ; Ils peuvent ou non croire bon de désigner les races comme des espèces distinctes, afin d'exprimer leur différence." (5)



Ainsi Darwin fut critiquée à cause de l'introduction dans sa théorie de biais téléologiques ( causes finales ) et axiologiques, ( Lennox, James G. "Darwin was a Teleologist", In Biology and Philosophy, 1993 )


En effet, dans sa critique du darwinisme, Nietzsche déclara que dans sa théorie "nous serions en présence d'une téléologie cachée" :

"La sélection naturelle donnerait un sens, une direction à l’évolution par l’amélioration progressive des caractères et la survie des plus aptes. Dès lors, ce jugement moral implicite pose par avance la finalité vers laquelle l’évolution se dirige."  (6)


Pourtant, Darwin l'exprima clairement lorsqu'il avoua que cela l'avait conduit à poussé trop loin le principe de sélection naturelle :


"Il n'a pas été en mon pouvoir d'annuler l'influence de mon ancienne croyance, alors presque universelle, que chaque espèce avait été créée suivant un dessein  ; et cela m'a entrainé à tenir tacitement pour établi que chaque détail de structure, à l'exception des rudiments, était de quelque utilité spéciale, bien que non reconnue. Quiconque aurait cette  supposition en tête serait naturellement porté à étendre trop loin l'action de la sélection naturelle, que ce soit dans le passé ou dans le présent...J'ai au moins, je l'espère, rendu un bon service en aidant à renverser le dogme des créations séparées. " (7)


" Ma théologie est tout à fait confuse  ; je ne peux regarder l'univers comme le résultat d'un hasard aveugle, et pourtant je ne vois aucune preuve d'un dessein bénéfique, ni même d'aucun dessein, dans les détails." (10)


"Que tous les êtres organiques, l'homme inclus, possèdent des particularités de structure qui ne leur sont d'aucune utilité dans le présent, ni ne le furent dans le passé, et qui n'ont, par conséquent, aucune importance physiologique, est, comme je puis m'en rendre compte aujourd'hui, probable." (8)


"Le duc d'Argyll, par exemple, souligne que  "la forme humaine a divergé de la structure des bêtes dans le sens d'une incapacité et d'une faiblesse physiques plus grandes. Ce qui revient à dire qu'il s'agit d'une divergence qu'il est plus que toute autre impossible d'assigner à la simple sélection naturelle ". Il allègue l'état dénudé et sans protection de son corps, l'absence de grandes dents ou de griffes pour sa défense, le peu de forces et de rapidité de l'homme, et la faible capacité de son odorat pour découvrir de la nourriture ou éviter le danger. A ces déficiences il aurait pu ajouter la perte, encore plus grave, de l'aptitude à grimper promptement afin d'échapper à ses ennemis. La perte du poil n'a pas dû causer un bien grand préjudice aux habitants d'un pays chaud...Nous devons, cependant, garder à l'esprit qu'un animal doté d'une grande taille, de force et de férocité, et qui, comme le gorille, pourrait se défendre lui-même contre tous ses ennemis, ne serait probablement pas parvenu à devenir social  ; et cela aurait constitué l'obstacle le plus efficace à l'aquisition par l'homme de ses plus hautes qualités mentales, telles que la sympathie et l'amour de ses semblables." (9)



Ainsi, Darwin ne pouvant se résoudre à considérer l'humain comme directement soumis à la sélection naturelle, comme le soutenaient Wallace et Lyell,  il tentera de développer le concept d'évolution de l'évolution elle-même.


Dans  sa " Filiation humaine par la selection sexuelle  »,  qui paraîtra onzes années après son premier ouvrage. Darwin tentera de démontrer que l'on ne peut assimiler l'humain au reste du genre animal, puisque ne pouvant le considérer comme un produit individuel de la selection naturelle.


Ainsi, comme l'indiquera patrick Tort  :


"L'observation des caractéristiques d'une société «   civilisée  » conduisit Darwin  au constat d'une marche inverse des mécanismes qu'il avait décrit 11 ans plus tôt  : les moins aptes sont protégés, secourus, requalifiés dans leur vie sociale et individuelle, échappant ainsi à l'élimination qui les aurait frappés dans l'état naturel.  C'est face à cette contradiction évidente, qu'il développa la seule l'hypothèse qui lui sembla défendable, dans le cadre de sa théorie  : " la sélection naturelle aurait elle même évoluée ", en s'appliquant " à elle-même même sa propre loi " ! 

La formule simplifiée de ce processus est aujourd'hui connue  : "  Par la voie des instincts sociaux, la sélection naturelle sélectionne la civilisation, qui s'oppose à la sélection naturelle  ". On le nomme aussi  : effet réversif de l'évolution."  (11)


"Le sentiment de plaisir tiré de la vie en société est probablement une extension des sentiments d'affection parentale ou filiale, puisque l'instinct social semble se développer chez les jeunes qui restent longtemps avec leur parents  ; et cette extension peut être attribuée en partie à l'habitude, mais principalement à la sélection naturelle. Chez les animaux qui tiraient des bénéfices de cette vie en étroite association, les individus qui prenaient le plus grand plaisir à cette vie sociale échappaient le mieux à divers dangers  ; tandis que ceux qui étaient les moins attachés à leurs camarades, et qui vivaient seuls, périssaient en grand nombre. " (12)



C'est particulièrement grâce à lui que l'on doit la filiation de notre espèce au règne simiesque, de par la proximité de notre architecture cérébrale  qu'il rapprochera avec celle  des grands singes  :


"Il est reconnu que l'homme est construit sur le même type ou modèle général que les autres mammifères. Tous les os de son squelette peuvent être comparés à des os correspondants chez un singe, une chauve-souris ou un phoque. Il en est de même de ses muscles, de ses nerfs, de ses vaisseaux sanguins et de ses viscères internes.Le cerveau, le plus important de tous les organes, suit la même loi, comme l'ont montré huxley et d'autres anatomistes. Bischoff, qui témoigne pour la partie adverse, admet que toutes les scissures et tous les plis principaux dans le cerveau de l'homme ont leurs analogues dans celui de l'orang...  " (13)



"Vulpian fait la remarque suivante :

Les différences réelles qui existent entre l'encéphale de l'homme et celui des singes supérieurs sont bien minimes. Il ne faut pas se faire d'illusions à cet égard. L'homme est bien plus près des singes anthropomorphes par les caractèrent anatomiques de son cerveau que ceux-ci ne le sont non-seulement des autres mammifères, mais même de certains quadrumanes, des guenons et des macaques  »...Ces faits anodins prouvent combien les nerfs du goût peuvent être semblables chez les singes et chez l'homme, et combien leur système nerveux tout entier est semblablement  affecté ". (14)


"Bischoff dit qu'à la fin su septième mois, les circonvolutions du cerveau d'un embryon humain atteignent à peu près le même stade de développement que chez le babouin lorsqu'il est adulte...  " (15)


Darwin, semblait tout à fait conscient que la sélection naturelle, en tant que mécanisme soumis à des lois, n'était probablement pas le seul en action pour expliquer l'émergence des espèces:


"La variabilité est régie par de nombreuses lois inconnues, et plus particulièrement la corrélation de croissance. " (16)


"....les chiens dépourvus de poils ont une dentition imparfaite ... Je crois même que ce dernier cas de corrélation ne peut pas être accidentel ; si nous considérons, en effet, les deux ordres de mammifères dont l'enveloppe dermique présente le plus d'anomalies, les cétacés ( baleines ) et les édentés ( tatous, fourmiliers, etc ), nous voyons qu'ils présentent aussi la dentition la plus anormale." (17)


"Geoffroy Saint-hilaire à beaucoup insiste sur la haute importance de la position relative ou de la connexité des parties homologues...la même se retrouve dans la construction de la  Bouche des insectes...La même loi règle la construction de la bouche et des membres des crustacés. Il en est de même des fleurs et des végétaux." (18)


"Chacun sait que, chez une fleur, on explique les positions relatives des sépales, des pétales, des étamines et des pistils, ainsi que leur structure intime, en admettant que ces diverses parties sont formées de feuilles métamorphosées et disposées en spirale. " (19)  


"Pourquoi les sépales, les pétales les étamines et les pistils de chaque fleur, bien qu'adaptés à des usages si différents, sont-ils tous construits sur le même modèle ?" (20)


"Les naturalistes disent souvent que le crane est formé de vertèbres métamorphosées, que les mâchoires des crabes sont des pattes métamorphosées, les étamines et les pistils des fleurs des feuilles métamorphosées ; mais ainsi que le professeur Huxley l'a fait remarquer, il serait, dans la plupart des cas, plus   correct de parler du crane et des vertèbres , des mâchoires et pattes, etc..., comme provenant, non pas de la métamorphose en autre organe de l'un de ces organes, tel qu'il existe, mais de la métamorphose de quelque élément commun et plus simple." (21)


"Les points de structure par lesquels les embryons d'animaux fort différents d'une même classe se ressemblent n'ont souvent aucun rapport avec les conditions d'existence." (22)




                                                                               

(1) Voltaire. Traité de Métaphysique, chap. 1, Des différentes espèces d'hommes, 1734

(2) Voltaire. Introduction de lfEssai sur les mœurs et lfesprit des nations

(3) Montesquieu, De LfEsprit des Lois, Livre 15ème, Chapitre 5

(4) Emmanuel Kant  ; David Hume, Essays Moral and Political, 1748

(5) Darwin C, La descendance de l'Homme  : chapitre 7, On the races of Man,1871

(6) Nietzsche, Fragments posthumes, Barbara Stiegler, Nietzsche et la biologie, PUF, 2001

(7) Darwin, La filiation de l'homme, Ed Honoré Champion 2013, page 181

(8) Charles Darwin, l'auto-biographie, lettre à J.D Hooker ( More Letters, vol.1, p 321) 1870, points, page 151

(9) Darwin, La filiation de l'homme, Ed Honoré Champion 2013, page 181

(10) Darwin, ibid, op. Cit p 183-184

(11) Patrick Tort , L'anthropologie inattendue de Charles Darwin, Charles Darwin, La filiation de l'homme et la sélection liée au sexe, Ed Honoré Champion 2013, p 83

(12) Darwin, La filiation de l'homme, Ed Honoré Champion 2013, chap. IV

(13) Darwin, ibid, op. Cit p 108

(14) Darwin, ibid, op. Cit p 109-110

(15) Darwin, ibid, op. Cit p 113

(16) Charles Darwin, De l'origine des espèces, Flammarion édition 2008, p 92

(17) Darwin, ibid, op. Cit p 203

(18) Darwin, ibid, op. Cit p 505

(19) Darwin, ibid, op. Cit p 507

(20) Darwin, ibid, op. Cit p 508

(21) Darwin, ibid, op. Cit p 509

(22) Darwin, ibid, op. Cit p 511

            

  

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KINJI IMANISHI

Kinji Imanishi (今西錦司) est un écologiste et anthropologue japonais né le 6 janvier 1902.

Imanishi a été le premier, dans les années 1950, à parler de cultures animales. Considéré comme le cofondateur de la primatologie au Japon avec Jun'ichiro Itani, il est en outre à l'origine de l'Institut de recherche sur les primates de l'université de Kyoto. Il est le plus célèbre naturaliste japonnais du XXè siècle.


"Dès 1952, Kinji Imanishi, qui est déjà un biologiste de premier plan, publie un article intitulé Evolution of Humanity. Il y évoque le succès rencontré par les primatologues japonais pour approvisionner les macaques de la presqu'île de Koshima, au sud du Japon ." (1)


En août 1952, les macaques (macaca fuscata) de la presqu'île de Koshima commencent à être approvisionnés. En septembre1953, une femelle, F-111 âgée d'un an et deux ou trois mois, porte une patate douce dans un ruisseau qui coule près de la plage de sable. De ses deux mains elle lave le légume pour enlever le sable avant de le manger. En novembre 1953, Shunzo Kawamura observe la troupe de macaques avec Masao Kawai ; le mâle M-10, qui a un an de plus que F-111, lave lui aussi les patates douces. En janvier 1954 un autre mâle M-12 d'un âge similaire adopte le même comportement. La mère, F-105, de F-111 montre un comportement sensiblement différent. Très attentive à la nouvelle pratique observée, elle ne se résout à l'adopter que plus tard.


En février 1954, l'acquisition des nouvelles pratiques "culinaires" s'accélère." Quatre singes trempent les patates dans de l'eau de mer. Shunzo Kawamura explique cette situation en recourant à la notion "d'opportunité d'imitation". M-10 et M-12 ont acquis le comportement par le jeu et la proximité sociale avec F-111. "Que F-105 soit le seul adulte à avoir acquis le comportement peut être attribué à l'intensité de la relation mère/enfant.


Dès l'automne 1955, lors de la réunion générale de la société japonaise d'éthologie, Kinji Imanishi et Shunzo Kawamura n'hésitent pas à parler de culture chez les singes sauvages japonais. L'observation continue et au cours des années onze à trente singes de la troupe plongent des patates dans l'eau et en 1958 ils sont dix-sept, trente-six en 1962 sur cinquante-neuf membres (73,4 %). Le nouveau comportement se répand à travers la génération la plus jeune et dans les groupes apparentés à travers les lignées maternelles.


"Ces travaux étonnants ne commencent à être connus des primatologues étrangers qu'à partir de 1957. Les primatologues japonais sont, en effet, les premiers à aborder les cultures singes. " (2)

 


"les êtres vivants ne peuvent exister sans un environement; leur façon de vivre ne peut être comprise que dans un système qui intègre aussi leur environement. la reconnaissance de l'envirronement par un être vivant est la reconnaissance de ce dont il a besoin pour vivre. A mesure qu'il parvient à s'établir et à vivre dans un envirronement, il fait de l'envirronement une extension de lui même." (3)


"Les différents éléments qui composent ce monde ont des existences indépendantes les unes des autres mais je conteste l'idée qu'ils soient assemblés au hasard."  (4)


"La constatation d'une telle pluralité d'éléments ou constituants similaires m'interdit de penser qu'ils sont apparus sans rapport les uns avec les autres et par hasard." (5)


"Pour qu'un être vivant reste vivant dans ce monde, il doit s'occuper de son corps pour resister au processus de décomposition. Et pour le préserver il doit constament le construire. Ont dit alors que les êtres vivants se façonnent eux mêmes, et qu'ils croissent; et que cela, c'est "vivre (…). Ce phénomène de création constante est par excellence la caractéristique de l'être vivant, entité structurelle et fonctionnelle." (6)


"Si ce processus, qui fait que ce qui a été crée devient à son tour créateur, est ce que l'on appelle vivre, alors vivre doit justement être le principe directeur du corps organique intégré des êtres vivants. autrement dit, vivre est un but en soi pour les êtres vivants."  (7)


"puisque l'environnement existe dans l'être vivant, et que l'être vivant existe dans l'environnement, ces deux entités ne sont pas séparées"  (8)


"En écologie, nous mettons donc toujours en rapport la structure de l'être et son mode de vie. Ainsi conçu, la forme n'est pas seulement la morphologie, mais le reflet essentiel du mode de vie de l'être vivant. Nous appelons cela "la forme de vie".  (9)


"C'est en extrapolant à partir des variations qu'il observait sur les animaux domestiqués et des plantes cultivées que darwin a supposé qu'il existait les mêmes variations chez les animaux et les plantes dans des conditions de vie naturelle. pour cette raison, je doute de la justesse de la théorie de l'évolution.” (10)


"j'ai dit que, pour les êtres vivants, vivre, c'est assimiler l'environnement par le biais du corps; et c'est aussi, à l'inverse une environnementalisation du sujet par le corps; mais le corps est à la fois libre et non libre , et c'est à travers le conflit entre ces libertés et le destin qu'un nouveau corps est crée. ne devrait-on pas interpréter cela comme de la variation ? Nous pourrions dire pour l'instant que l'évolution des êtres vivants qui se fait par la transmission héréditaire du corps est, de cette façon, la création du corps. Je ne crois pas que dans la vie des autres êtres vivants, il y ait nécéssairement un but comme la nôtre." (11)


"Précisémment parceque la vie de l'organisme à une orientation, le sujet  environnementalisé essaye finalement d'internaliser l'environnement, et n'en ai que plus environnementalisé. C'est surement là que se tient le principe d'adaptation." (12)


"Il n'est pas rare de trouver des êtres vivants qui ne sont pas parfaitement adapter - à commencer par les humains - nous sommes bipèdes depuis très longtemps, mais un examen détaillé des os des jambes révèle que nous ne sommes pas tout à fait adapté à la position debout." (13)


"Je ne nie pas que, très rarement, des mutant apparaissent dans le monde  naturel. je pense simplement que l'émergence de ce genre de mutant et l'origine des espèces doivent êtres considérés comme des problèmes différents." (14)


"Je reconnaîtrait ici franchement qu'il y a chez les êtres vivants ( ou dans la vie des êtres vivant ) une dimension qui ne peut pas être interprétée simplement en termes de lutte pour la survie. que cela soit ou non intentionnel, les êtres vivants deviennent progressivement beau."  (15)


"On se souvient que ces espèces synusiales ( ou de même rang ) se sont formés par l'adaptation d'une communauté phylogénétique à une niche ou un lieu de vie; cela signifie donc que les contraintes du lieu de vie doivent être clairement visible sur chaque espèce. autrement dit, là ou il y a un rapport direct avec la vie de l'espèce, l'influence de l'environnement doit être manifeste. Mais il se peut que nous manquions de connaissance à ce jour, et des recherches plus minutieuses pourraient révéler de telles différences inattendues sur des points insignifiants."  (16)


"Il faut bien garder à l'esprit que la séléction naturelle n'est pas forcément en lien direct avec le problème de l'origine des espèces." (17)






                                                                                                             

(1) Dominique Lestel, Les origines animales de la culture, livre de poche Flammarion, Champs essais, 2001, page 122

(2) Dominique Lestel, Les origines animales de la culture, livre de poche Flammarion, Champs essais, 2001,  page 126-127

(3) Kinji Imanishi, Le monde des êtres vivants, une théorie écologique de l'évolution, Wildproject, 2011, page 25

(4) Ibid, op cit page 43

(5) Ibid, op cit page 46

(6) Ibid, op cit page 67

(7) Ibid, op cit page 77

(8) Ibid, op cit page 89

(9) Ibid, op cit page 98

(10) Ibid, op cit page 149

(11) Ibid, op cit page 152

(12) Ibid, op cit page 152

(13) Ibid, op cit page 156

(14) Ibid, op cit page 157

(15) Ibid, op cit page 161

(16) Ibid, op cit page161

(17) Ibid, op cit page168







  

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GIACOMO RIZOLATTI

Giacomo Rizzolatti  est un médecin et biologiste italien né le 28 avril 1937 à Kiev. Il est professeur de physiologie à l'université de Parme en Italie. Il est à l'origine de nombreuses découvertes en neuroscience intégrative et est élu associé étranger à l'Académie des sciences française.


On doit à Giacomo Rizzolatti des observations très innovantes sur l’activité cérébrale chez le singe, montrant comment, chez cet animal, l’mage mentale d’n mouvement à exécuter pourrait se construire par imitation de l’expérimentateur, ce qui ramène à  la notion d'empathie due aux neurones miroirs.


Les neurones miroirs sont une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité aussi bien lorsqu'un individu exécute une action que lorsqu'il observe un autre individu (en particulier de son espèce) exécuter la même action, ou même lorsqu'il imagine une telle action, d'où le terme miroir.


En neurosciences cognitives, les neurones miroirs joueraient un rôle dans la  cognition sociale, notamment dans l'apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l'empathie.


Le professeur Ramachandran, une autorité dans le domaine, les appelle neurones empathiques, et leur  fait jouer un rôle central dans l'édification des sociétés. (1)


Les neurones miroirs sont considérés comme une découverte majeure en neurosciences, à tel point que certains chercheurs  les considèrent  comme un élément central de la  cognition sociale:


"Les neurones miroirs sont les promoteurs du langage, ils expliquent pourquoi nous parlons avec nos mains. Ils rendent compte de l'expression des émotions ; ils sont le mécanisme de notre compréhension d'autrui " (2) 


Les chercheurs Vittorio Gallese, Andrew Meltzoff, Scott Garrels et le français Jean-Michel Oughourlian ont relié ,  dans le cadre de l'université Stanford sur l'imitation et les découvertes en psychologie génétique et neurosciences, le développement   du désir mimétique chez l'homme  à l'existence des neurones miroirs.


"Si vous pouvez communiquer avec autrui, c'est grâce à vos « neurones miroirs ». Sans eux, vous seriez psychotiques, ou pervers, incapables d'entrer en empathie. C'est devenu un point central de la connaissance psycho-neuronale.


Sans neurones miroirs, pas de relation, pas de culture, pas d'humanité. " (3)


Un certain nombre de chercheurs , comme les psychologues Frans de Waal (4), Jean Decety (5)  et Vittorio Gallese (6) ont proposé que les neurones miroirs jouent un rôle important dans l'empathie, c'est-à-dire dans la capacité à percevoir et reconnaître les émotions d'autrui, notamment sur la base du fait qu'un système miroir semble exister pour les émotions.





                                                                               

(1) "Les neurones qui ont formé la civilisation", Ramachandran, Janvier 2010 ( Lien )

(2) Giacomo Rizzolatti et Corrado Sinigaglia, Les neurones miroirs, Éditions Odile Jacob, traduit par Marilène Raiola, Paris 2007

(3) "Vos neurones sont des miroirs : c'est pourquoi vous pouvez communiquer", Pr Jean-Michel Oughourlian ( Lien )

(4) Preston, S. D., & de Waal, F.B.M. (2002) Empathy: Its ultimate and bases. Behav. Brain Sci., 25, 1-72

(5) Decety, J. (2002). Naturaliser l’mpathie [Empathy naturalized]. L'Encéphale, 28, 9-20

(6) Gallese, V., & Goldman, A.I. (1998). Mirror neurons and the simulation theory. Trends in Cognitive Sciences, 2, 493-501




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Jean Chaline est né le 18 Février 1937 à Châlons-sur-Marne. Ses principaux travaux concernent l'évolution des rongeurs, l'évolution des hominidés mais aussi les fondements de  la théorie de l'évolution.


Il Propose en 1972 une conception spatio-temporelle de l'espèce et en 1988 une théorie sur l'évolution nommée "inside story" . Le génome et le développement (internes) proposent, en premier, l'environnement (externe) dispose, seulement ensuite.


Il démontre avec J. Dubois que les apparitions et extinctions des espèces chez les campagnols ne se font pas au hasard, mais suivent des lois de puissance impliquant des structures fractales. Il met en évidence avec Laurent Nottale et Pierre Grou d'une “structuration fractale macroévolutive” des arbres de l'évolution chez les primates, rongeurs, équidés, dinosaures sauropodes et échinodermes. Les résultats suggèrent que les phénomènes évolutifs fonctionneraient comme des "phénomènes critiques". Cette loi de structuration a été retrouvée, identique, dans le domaine des turbulences (Queiros-Condé), dans le développement humain (Cash et al.), les tremblements de terre (Sornette et al.), les krachs boursiers, l'évolution de la démographie (Sornette), etc...


Cette loi qui apparaît de plus en plus universelle  pourrait s'expliquer par des solutions de "l'équation généralisée de Schrödinger". Celle-ci génère spontanément les formes les plus simples de la matière vivante et leur apparition se réalise par sauts discrets selon une chronologie de lois log-périodiques. Ces résultats s'intègrent dans la logique des phénomènes critiques avec des accélérations vers le point critique et des décélérations depuis le point critique qui devient la nouvelle origine des temps.


Il est co-auteur de l'ouvrage "Le monde des fractales, la nature trans-échelle" où il présente et analyse la signification de la structuration fractale de la Nature et des lois qui lui sont associées, notamment les lois log-périodiques, les structurations et les croissances fractales, les architectures du hasard de type arbres d’agrégation limitée par la diffusion où l’on rencontre le nombre d’or





"L'arbre de la vie a-t-il une structure fractale ?".  (Académie des Sciences, Elsevier 2001)   (PDF)

Chaline, J., Nottale, L., Grou, P., 1999, C.R. Acad. Sci. Paris, 328, IIa, 717


"Evolution morphologique et culturelle humaine: l'apport des modèles fractals ", Développement humain, embryogenèse, 2002, C.R. Biologies  325, 585-590   (PDF)

Cash R., Chaline, J., Nottale, L., Grou, P.




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JEAN CHALINE

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ANNE DAMBRICOURT-MALASSE

Anne Dambricourt Malassé, est une paléoanthropologue française née en 1959 . Elle travaille au  CNRS, département de Préhistoire du Muséum national d'histoire naturelle (UMR 7194).

Anne Dambricourt a codirigé des thèses en paléontologie humaine qui comparent les fossiles d'hominidés à de nombreuses données métriques et anatomiques des espèces actuelles de primates, paninés  et ponginés. Elle a ainsi recherché des corrélations angulaires entre le degré de flexion de la base du crâne, son raccourcissement antéropostérieur et les changements de position des os dans le plan transversal. Ainsi, les reconstitutions phylogénétiques lisibles dans les manuels correspondent à l'évolution de ces corrélations angulaires (cette succession est celle des grands singes, des  australopithecinés, du genre Homo et de la dernière espèce apparue Homo sapiens).


Elle est à l'origine de la découverte du processus de contraction cranio-faciale au cours du développement embryonnaire de l'homme et des autres primates actuels, c'est-à-dire la relation morphogénétique entre la mandibule et la flexion de la base. La succession phylogénétique des prosimiens  à l'homme actuel correspondant  à l'évolution de ce processus morphogénétique d'origine embryonnaire, lié à l'enroulement antéropostérieur du cerveau embryonnaire (le tube neural).


Elle formalise ainsi les observations faites par beaucoup d'anatomistes avant elle :


"Chez le Gorille et le Chimpanzé, l'angle sphénoïdal, qui mesure cette angulation, s'ouvre au cours du développement crânien. Chez l'Homme, au contraire, après une ouverture légère dans les stades foetaux, l'angle de flexion de la base du crâne se ferme. Ce sont là des constatations sur lesquelles on ne saurait trop insister. Elles sont déjà ancienne, mais nous les avons vérifiées, mesurées et tracées dans les plans vestibiens. L'ouverture et la fermeture de l'angle sphénoïdal sont des phénomènes ontogéniques, qui ne sont nullement isolés et de mécanisme indéterminé. Nous allons montrer leur relation avec les mouvements de la voûte du crâne et particulièrement ceux déjà analysés de la région occipitale." (1)


 Et confirme donc logiquement que  :


"L'hominisation est un processus, c'est à dire un enchaînement de cause à effets, il est déterministe." (2)




(1) Delattre A., Fenart R, Le développement du crâne du Gorille et du Chimpanzé comparé au développement du crâne humain. In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, X° Série, tome 6 fascicule 4-5, 1955. p 165

 (2) Anne Dambricourt  ; La légende maudite du XXè  siècle, l'erreur darwinienne  ; la nuée bleue  ; p 8



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ALAN MATHISON TURING

Alan Mathison Turing est un mathématicien, cryptologue et informaticien britannique né le  le 23 juin 1912 en angleterre. Il est connu pour sa participation au projet " Enigma ", programme de décryptage des messages utilisés par l’Amirauté et les sous - marins  allemands lors de la seconde guerre mondiale. Selon Donald Mitchie, c'est à Turing que la Grande-Bretagne doit de ne pas avoir été envahie (1) .


Turing est l'auteur  d'un fameux article de logique mathématique paru en 1936, devenu plus tard l' un des fondements scientifiques de l'informatique.


En 1952, dans son seul article concernant la biologie, intitulé "Les bases chimiques de la morphogénès" (2) Alan Turing propose une théorie expliquant comment les cellules embryonnaires se différencient en différents types pour constituer un organisme. Il introduit des idées fondamentales sur les mécanismes de la formation spontanée des structures dans les réactions chimiques et en particulier dans les organismes vivants.


Turing y explique comment ces réactions entre substances chimiques qu’il appelle des morphogènes, couplées à un processus de diffusion de ces substances à travers les tissus vivants, pouvent donner lieu à l’apparition de structures spécifiques.

Son modèle mathématique, que l’on nomme maintenant "structures de réaction-diffusion" ou "structures de Turing",  ainsi que l’étude de ce modèle dans certains cas relativement simples est reconnu comme un travail fondateur.

Il a donné lieu à de très nombreux développements et variantes et a été étendu à d’autres domaines que la biologie, telle la dynamique des populations (formation de structures spatiales dans les écosystèmes) reflétant ainsi l’existence de "classes d’universalité" des formes et de leur apparition dans les systèmes naturels.


Il a fallu attendre 60 ans après sa mort, pour que des chercheurs de l'Université de Brandeis et de l'Université de Pittsburgh aux Etats-Unis,  fournissent la première preuve expérimentale validant une partie de ses idées.

"Plus que tout, cette recherche confirme que Turing est un pionnier dans de nombreux domaines différents" rappelle Seth Fraden. (3)


Dans son article, Alan Turing mentionne aussi la contribution mécanique à l’évolution du système embryonnaire , en particulier des forces et contraintes élastiques   : il anticipe ainsi tout un champ de recherches actuel, étudiant le rôle des couplages mécanochimiques dans les processus intracellulaires ou cellulaires.

Il ne manque pas de souligner, sans la traiter, la difficulté liée au fait que le substrat, ici un embryon en train de se développer, n’a pas une géométrie fixée mais une géométrie qui évolue avec le temps.

Ce n’est que très récemment que des chercheurs tels Jean-Louis Giavitto et ses collaborateurs ont développé le concept de "système dynamique à structure dynamique" pour envisager la formation de motifs dans un système lui-même en évolution. L’extension du modèle de Turing à des géométries déjà structurées, réseaux ou substrats lacunaires, commence seulement à être envisagée.

 

Turing consacra les derniers moments de sa vie à la biologie du développement. Il s’intéressa particulièrement à la phyllotaxie, branche de la botanique qui analyse les configurations typiques des parties des végétaux.

Meme s'il ne parvint pas à "suivre mathématiquement le processus de changement anatomique dans le développement de la marguerite" (4) , il contribua très largement à montrer l'importance de l' élaboration d'une théorie capable de rendre compte de l'auto - organisation du vivant à partir du nombre d'or.

En effet, les fleurs composées, dont la marguerite est un représentant, ont une étonnante propriété : la disposition des fleurons dans leur centre fait intervenir les "nombres de Fibonacci". La fleur du tournesol elle, contient 21 spirales dans le sens des aiguilles d’une montre, 34 en sens inverse ; 21 et 34 étant deux nombres de Fibonacci adjacents (5).

En 1877, le mathématicien anglais Edward Lucas attribua à une série de nombres bien connus depuis le Moyen Âge le nom du mathématicien Fibonacci. La série est la suivante 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34…

À partir du troisième terme, chacun d’eux est la somme de ses deux prédécesseurs immédiats : fn = fn-1 + fn-2. Comme toutes les séries additives de ce genre (le choix des deux premiers termes varie), la série de Fibonacci présente une propriété remarquable, à savoir que le rapport de chacun des termes à son prédécesseur immédiat converge rapidement vers la valeur 1,61803… Or cette valeur est bien connue par ailleurs : c’est la moitié de la somme de 1 et de la racine carrée de 5 ; elle a été appelée depuis l’antiquité nombre d’or ( et est habituellement représentée par le symbole φ ))

Cette structuration mathématique du vivant se retrouvant avec une régularité surprenante dans tous les domaines de la phyllotaxie, en particulier  dans l’emplacement des pétioles des feuilles sur leur tige, Turing y voya un moyen de mathématiquement rendre compte de l'embryogénèse   :

"En ce moment, je travaille […] à ma théorie mathématique de l’embryologie […] je pense arriver à fournir une explication satisfaisante de la disposition des feuilles, en particulier la manière dont la série de Fibonacci (0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13…) semble impliquée". (6)


Il apparaît un très étrange fil conducteur entre les phases apparemment disparates de la recherche de Turing que sont les mathématiques pures, la cryptographie et la morphogenèse du vivant. Ce fil conducteur, c’est celui qui part des « nombres gödeliens ». En effet ceux-ci permettent de coder une information signifiante en nombres insignifiants , d'obtenir les clés des codes cryptés qui autorisent une opération identique , et enfin d'aboutir aux "nombres de Fibonacci" et au nombre d’or en particulier qui semblent être la clé selon laquelle la nature opère dans un nombre saisissant de cas.

( Penrose lui aussi soulignera, à propos de son invocation du théorème d’incomplétude de Gödel, comme objection à l’intelligence artificielle, que l’on retrouve les nombres de Fibonacci dans la structure des microtubules qui constituent le squelette interne des cellules ) (7)


Jean Lassègue  ne manquera pas de souligner que selon turing φ ( le nombre d'or) doit être mis sur le même rang que les autres constantes universelles telles que la vitesse de la lumière, la gravité ou le nombre d’Avogadro   :

"Selon Turing, le système d’encodage grâce auquel les messages sont cryptés peut être comparé aux lois de l’univers et les clés d’encodage à ses constantes" (8)


Malheureusement turing ne parvient pas poser une théorie capable de  percer les mystères de l'auto-organisation.  Dans un article qu’il rédige avec B.  Richards, Turing exprime ainsi sa frustration :

"Bien qu’il s’en suive logiquement que les nombres principaux [des spirales] soient semblables à ceux de la suite de Fibonacci, l’hypothèse en elle-même est tout à fait arbitraire et reste inexpliquée. Son mérite consiste à remplacer une loi empirique d’apparence assez étrange et magique par quelque chose de plus simple et de moins mystérieux" (9)


C'est le formalisme de la relativité d'échelle qui connaitra le plus de succès, bien plus tard, pour expliquer l'auto-organisation caratéristique du vivant, puisqu'intégrant  la géométrie fractale du mathématicien Benoît Mandelbrot.

( L'ensemble de Mandelbrot complet est construit autour du   nombre d'or. Le rang et l'ordre des têtes de l'ensemble de Mandelbrot forment deux suites de Fibonacci, c'est à dire des suites de nombres où chaque terme est égal à la somme des deux termes précédents. Le rapport entre l'ordre et le rang d'une tête de l'ensemble de Mandelbrot, tend vers le nombre d'or lorsque le numéro de la tête tend vers l'infinie. les   fractales   auto-similaires sont notamment utilisées aujourd’hui de manière courante pour la condensation des données en informatique. )


Concernant la nature de l'esprit, Turing invente un concept devenu aujourd’hui d’une absolue évidence : il est possible de dissocier une machine et les programmes qui la font fonctionner. Tout comme il adhérait à l'idée que son corps, sa machine, pourrait porter, comme un programme, l’esprit d'un autre.


Ainsi il évoque   , dans son fameux test d'imitation, ce qu’il considère comme des preuves statistiques de la réalité de la télépathie, et assure la mère de Christopher Morcom, son ami d'enfance décédé prématurément,  de sa croyance   scientifique   en la réincarnation. On peut lire là, sans doute, quelque chose comme une conviction profonde que la mécanique de l’esprit humain est identique à celle d’un logiciel   : un   système de signification   dont le support physique est relativement indifférent, et que l’on peut, si nécessaire, décoller de celui-ci pour le placer sur un autre

Ainsi, Turing écrivit, après le décès de son ami Christopher Morcom, un texte intitulé "Nature de l’Esprit" qu’il envoya à sa mère. Ce texte décrivait la façon dont le "mécanisme" qui retient l’esprit au corps se rompt au moment de la mort et comment l’esprit, détaché du corps,   "trouve tôt ou tard un autre corps, peut-être immédiatement " (10)

À la fin du texte, Turing se pose la question de savoir pourquoi nous avons un corps et pourquoi il ne nous est pas possible de "vivre libres comme des esprits et de communiquer comme tels" (11)




 

(1) Jean Lassègue, turing, Les belles lettres, 2003, p 32

(2) A. M. Turing, "The chemical basis of morphogenesis", Philosophical Transactions of the Royal Society of London, B 737, 953, pp.37-72

(3) Une théorie d'Alan Turing vérifiée ( Lien )

(4) Jean Lassègue, turing, Les belles lettres, 2003, p 134

(5) Huntley 1970 : 164

(6) Hodges 1983 [1965] : 437

(7) Penrose 1994: 361-362

(8) Jean Lassègue, turing, Les belles lettres, 2003, p 33

(9) Ibid, op. Cit p 137

(10) Ibid, op. Cit p 178

(11) Ibid, op. Cit p 178




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Erwin Schrödinger, physicien, philosophe et théoricien scientifique autrichien né le 12 août 1887 à Vienne, peut légitimement être  considéré comme le père du néodarwinisme. 

Selon les mémoires de James D. Watson, "l'ADN, le secret de la vie", les travaux de Schrödinger dans le domaine ont donné à Watson l'inspiration pour rechercher le gène, ce qui a conduit à la découverte de la structure en double hélice de l'ADN.


"Comme tant d'idées ayant eu un impact profond sur la pensée humaine, celle-ci, une fois assimilées, s'auréolent d'un air d'évidence ; elles sont pourtant ignorées encore par nombre de gens qui se targuent de savoir. Combien de fois entendons-nous dire que les effets quantiques n'ont aucune influence en biologie..."(1)


"Les mutations sont dues en fait à des sauts quantiques dans la molécule du gène. Mais la théorie des quanta n'avait que deux ans d'existence quand de Vries publia pour la première fois sa découverte, en 1902. Il n'est pas étonna qu'il fallut une nouvelle génération pour découvrir le rapport intime." (2)


"Pour réconcilier la grande durabilité de la substance héréditaire avec sa taille minuscule, nous avons du éliminer cette tendance au désordre en " inventant la molécule ", même une molécule exceptionnellement grosse, qui doit être nécessairement un chef d'œuvre d'un ordre très complexe et très élevé, placé sous la protection de la baguette magique de la théorie des quanta. Les lois de probabilités ne sont pas invalidées par cette "invention ..." (3)


"Les fibres chromosomiques sont tout simplement les "roues dentées de la machine organique "...le fait que la roue dentée en question n'est pas de grossière fabrication humaine, mais constitue le chef d'œuvre le plus délicat jamais fabriqué suivant les principes de la mécanique quantique du Seigneur. " (4)


En imaginant l'équation d'évolution de la fonction d'onde  associée à l'état d'une particule, Schrödinger a permis le développement du formalisme  théorique de la  mécanique quantique. Cette  équation d'onde, qui tient compte à la fois de la  quantification  et de l'énergie  non relativiste, a été appelée par la suite  équation de Schrödinger  (pour laquelle il a reçu, en commun avec  Paul Dirac, le  prix Nobel de physique  de 1933).

Il est également connu pour avoir soumis l'étonnante  expérience de pensée, nommée plus tard expérience du  Chat de Schrödinger, à la suite d'une importante correspondance avec  Albert Einstein  en 1935. C'est à lui que l'on doit le terme intrication quantique.


Rejetant la croyance simpliste   qui se borne à expliquer la complexification du vivant par le simple jeu du hasard et de la sélection  , Schrödinger est le premier à souligner l'importance qu'il y a à identifier chez le vivant ce que la relativité d'échelle nommera plus tard, les "forces auto-organisatrices", canalisant les mutations vers certains schémas   :

"La règle est la spécialisation dans des astuces bizarres et très étudiées, auxquelles "personnes n'aurait pense si la nature ne les avait faites". Il est difficile de croire qu'elles ont toutes résulté de "l'accumulation aléatoire" darwinnienne. Qu'on le veuille ou non, on est frappé par l'impression de forces ou de tendances partant du "Clair et simple", dans certaines directions, pour aller vers le compliqué." (5)


Conscient des difficultés et du travail à fournir, Erwin Schrödinger n'hésite pourtant pas à initier ce qui deviendra par la suite la théorie de la relativité d'échelle ou relativité fractale, développée par Laurent Nottale. Il lui  rendra hommage dans son fameux ouvrage ( Des fleurs pour Schrödinger, la relativité d'échelle et ses applications, Ellipses )   :


"Nous ne devons pas, par conséquent, être découragés par la difficulté d'interpréter la vie par les lois ordinaires de la physique. Car c'est précisément la ce qui est à prévoir, compte tenu des connaissances que nous avons acquises au sujet de la structure de la matière vivante. Nous devons donc nous attendre à trouver un nouveau type de loi physique se manifestant en elle. Devrons-nous l'appeler une loi non-physique, pour ne pas dire super-physique?" (6)


C'est au cœur même de ce qu'il considère comme  la caractéristique de l'évolution humaine, le  système nerveux , que Schrödinger   insiste sur la nécessité de décrire les processus cognitifs en termes de lois physiques , pour faire plus tard le parallèle avec les structures observées dans le monde végétal,  les mêmes règles se devant de s'exprimer  dans les deux règnes :


“Ce que nous appelons pensée est en soi-même une chose ordonnée et ne peut être appliquée qu'à des objets -perceptions ou expériences- qui possèdent un certain degré de régularité . Il en résulte deux conséquences.

Premièrement, Pour qu'une organisation physique soit en rapport étroit avec la pensée ( comme ma pensée l'est avec mon cerveau ) il faut qu'elle soit parfaitement ordonnée. Ceci implique que les événements qui se produisent au dedans d'elle obéissent à des lois physiques strictes, et cela avec un degré très élevé d'exactitude.

Deuxièmement, les impressions physiques produites par d'autres corps extérieurs, sur ce système physiquement bien organisé, sont évidemment en rapport étroit avec la perception et avec l'expérience qui forment l'objet de la pensée correspondante. C'est pourquoi les inter-actions physiques entre notre système et d'autres doivent, en règle générale, posséder elles-mêmes un certain degré de régularité physique; en d'autres termes elles doivent obéir, elles aussi, à des lois physiques strictes et cela avec un degré d'exactitude suffisant." (7)


"L'apparition de cellules nerveuses et de cerveaux dans une certaine lignée d'organismes est un événement très spéciale dont le sens et l'importance sont assez bien compris. C'est un mécanisme spécial qui permet à l'individu de répondre à des situations variées par un comportement variant en conséquence, et qui vise l'adaptation à un environnement changeant. C'est le plus élaboré et le plus ingénieux de tous les mécanismes de ce type, et, partout ou il apparaît, il acquiert rapidement un rôle dominant. Cependant , il n'est pas sui generis "unique en son genre". de vastes groupes d'organismes, en particulier les plantes, atteignent des performances très semblables d'une manière entièrement différente." (8)


"Le système nerveux est le lieu ou notre espèce est toujours engagée dans la transformation phylogénétique ; pour parler métaphoriquement, il est le "sommet végétal" (Vegetationspitze) de notre tronc." (9)


Conséquence logique de sa méthodologie scientifique qui , comme le fait remarquer Michel Bitbol, "  laissent transparaître    une puissante tonalité théologique, par leur emploi des mots "création" et "créateur"  " (10) ,  il définit l'esprit humain comme un théâtre où se joue la combinaison de deux points de vue (résolutions), une (immatérielle)  externe à l'univers  et l'autre (la conscience) intrinsèque au monde matériel  :


"Il y a neuf ans, j'avançais deux principes généraux qui forment la base de la méthode scientifique: Le principe suivant lequel la nature est compréhensible, et le principe d'objectivation." (11)


"Le monde matériel n'a été construit qu'au prix d'une exclusion du moi, c'est à dire de l'esprit. L'esprit ne fait pas partie du monde matériel : par conséquent, et de toute évidence, il ne peut agir sur lui, ni être influence par une de ses parties ( cela a été énoncé dans une phrase très concentrée et très claire par Spinoza éthique III, proposition 2 ). " (12)


"L'esprit a construit le monde extérieur objectif du philosophe naturel à partir de sa propre substance. L'esprit ne pouvait pas venir à bout de cette tâche gigantesque autrement que par la simplification consistant à s'exclure lui-même- à se retirer de sa création conceptuelle. Par conséquent, cette dernière ne contient pas son créateur." (13)


"En vérité il y a seulement un esprit...


L'union avec Dieu éprouvée de façon mystique entraîne constamment cette attitude, à moins que de puissants préjugés ambiants ne s'y opposent ; cela signifie qu'elle est moins aisément acceptée en occident qu'en orient. Permettez-moi de citer, comme exemple extérieur aux Upanishads, un mystique musulman persan du XIII e siècle, Aziz Nasafi. Je l'emprunte à un article de Fritz Meyer et je le traduis à partir de sa traduction allemande:

A la mort de toute créature vivante, l'esprit retourne au monde spirituel, le corps au monde corporel. En ceci, cependant, seuls les corps sont sujets au changement.Le monde spirituel est un seul esprit qui se tient comme une lumière derrière le monde corporel et qui, lorsque chaque créature singulière vient à naître, brille à travers elle comme à travers une fenêtre. Suivant la nature et la taille de la fenêtre, une quantité plus ou moins grande de lumière entre dans le monde. La lumière elle-même demeure cependant inchangée. " (14)


"Notre science- la science grecque - est fondée sur l'objectivation, par laquelle elle s'est coupée d'une compréhension adéquate du sujet de la connaissance, de l'esprit. Mais je crois que cela est précisément le point sur lequel notre manière de penser actuelle à besoin d'être amendée, peut être par un brin de transfusion de pensée orientale." (15)


"Je prétend que les deux paradoxes seront résolus en assimilant dans notre édifice scientifique occidental la doctrine oriental de l'identité ...il a une chronologie particulière, c'est à dire que l'esprit est toujours maintenant. Il n'y a réellement ni avant ni après pour l'esprit...Mais j'accorde que notre langage n'est pas approprié pour exprimer cela, et j'accorde aussi, si quelqu'un désire le faire remarquer, que je parle à présent de religion et non de science - une religion qui n'est cependant pas opposé à la science, mais confortée par ce que la recherche scientifique désintéressée a mis en lumière." (16)


"Permettez-moi de mentionner brièvement le célèbre athéisme de la science...La science à du subir ce reproche à de multiples reprises, mais injustement. Aucun dieu personnel ne peut faire partie d'un modèle du monde qui n'est devenu accessible qu'à la condition d'en avoir évacue tout ce qui est personnel. Nous savons que, lorsque Dieu est éprouvé, il s'agit d'un événement aussi réel qu'une perception sensorielle immédiate ou que notre propre personnalité." (17)


Ainsi, le célèbre prix Nobel de physique semblant clairement comprendre que les mêmes lois physiques déjà opérantes à l'origine du monde continuaient leurs œuvres au fil de nos vies, nous pouvons dire qu'Erwin Schrödinger est le père de la théorie Æ  :


"Chaque jour de la vie d'un homme représente un petit fragment de l'évolution de notre espèce qui est encore en plein développement." (18) 


"En bref, la conscience est un phénomène de la zone d'évolution . Ce monde ne s'éclaire à lui-même que la ou il développe et procrée de nouvelles formes, ou seulement dans la mesure ou il les développe et les

procrée." (19)



"Chez l'homme, quelque chose est semble-t-il fréquemment en train de se produire. Au delà de la premièreùù modification, de clairs indices d'une seconde modification allant dans le même sens sont décelables, bien avant que la première ne soit même presque accomplie." (20)


"Tout processus, ou événement, ou développement -appelez-le comme vous voulez- en un mot tout se qui se passe dans la nature, signifie un accroissement de l'entropie de la partie du monde ou l'événement se produit...la chose essentielle en métabolisme est que l'organisme réussisse à se débarrasser de toute l'entropie qu'il ne peut s'empêcher de produire tant qu'il vit." (21)






(1) Erwin Schrödinger, Qu'est-ce-que la vie ?, De la physique à la biologie, p 8

(2) Ibid, op. Cit p 79

(3) Ibid, op. Cit p 125

(4) Ibid, op. Cit p 148

(5) Erwin Schrödinger, L'esprit et la matière, Seuil, p 220

(6) Erwin Schrödinger, Qu'est-ce-que la vie ?, De la physique à la biologie, p 141

(7) Ibid, op. Cit p 42

(8) Erwin Schrödinger, L'esprit et la matière, Seuil, p 193

(9) Ibid, op. Cit p 201

(10) Erwin Schrödinger, L'esprit et la matière, L'élision préface, Seuil.

(11) Erwin Schrödinger, L'esprit et la matière, Seuil, p 231

(12) Ibid, op. Cit p 235

(13) Ibid, op. Cit p 235

(14) Ibid, op. Cit p 251

(15) Ibid, op. Cit p 254

(16) Ibid, op. Cit p 260 261

(17) Ibid, op. Cit p 260 267

(18) Ibid, op. Cit p 202

(19) Ibid, op. Cit p 204

(20) Ibid, op. Cit p 205

(21) Erwin Schrödinger, Qu'est-ce-que la vie ?, De la physique à la biologie, p 128-129



  

Æ-1

ERWIN SCHRÖDINGER

12

JEAN-MARIE PELT

Jean-Marie Pelt est un pharmacien, biologiste, botaniste et écologue français né le 24 octobre 1933. Il a été professeur agrégé puis professeur honoraire d'université en biologie végétale et pharmacognosie.


Il a présidé l’nstitut européen d’écologie, une association de recherche et de promotion de l'écologie notamment en milieu urbain.


Il défend l'idée qu'à l'instar de histoire de l’univers, l’évolution conduit des éléments simples à s’associer pour former des entités plus complexes, faisant émerger de nouvelles propriétés. C’est ce qu’il appelle le "principe d’associativité".


Assumant pleinement sa foi religieuse, il dénonce clairement  la propagande scientiste consistant à instrumentaliser la science, et particulièrement le Darwinisme :


"C’est net, dans le monde de la biologie il y a deux "divinités" : l’ADN et le darwinisme. Si l’on n’y prend garde, dans le monde scientifique, le scientisme dur s’installe, matérialiste et athée. Je suis très préoccupé du fait que, pour beaucoup de gens, darwinisme signifie athéisme, association qui a été renforcée par nombre de disciples de Darwin. Il en résulte que quand on enseigne le darwinisme, on postule de facto l’athéisme. Ainsi, tous les jeunes de tous les lycées et universités sont fabriqués athées, par culture .(...) Je ne dis pas que le darwinisme est une erreur, je dénonce la présentation, la croyance qui en fait la clef de tout, qui est réductionniste, scientiste."  (1)


"Quant aux structures spiralées, architecturées sur le nombre d'or, si fréquentes dans la nature, il est bien difficile d'attribuer leur genèse à la seule sélection naturelle qui, à l'evidence, n'a rien à voir ici." (2)


"Les pièces florales sont insérées en décrivant des spires sur le réceptacle." (3)


"L'evolution des plantes met en évidence un mecanisme constant d'associativité, par adjonctions de "tuniques" successives au gamète femelle dont la protection s' en trouve améliorée. Puisque " abritant en leur centre la précieuse cellule femelle, investie de la mission de perpetuer la vie." (4)



                                                          

(1) Jean-Marie Pelt, un regard chrétien sur l'écologie ( Lien )

(2) Jean-Marie Pelt, l'évolution vue par un botaniste, Fayard, page 173

(3) Ibid op cit page 173

(4) Ibid op cit page 260




vv

  

Mounir Belgacem est un kinésithérapeute français né à Saint-cloud le 6 juillet 1971. Il fonde Anacosm et propose en novembre 2014 un nouveau modèle évolutif humain qui intègre à la description neuroanatomique  la découverte de Leonard Susskind et Juan Maldacena.


En permettant de relier l'intrication quantique au tissu gravitationnel, selon une géométrie appelée pont d'Einstein-Rosen (ER=EPR), Il defend l'idée que la description neuroanatomique, ne peut être complète qu'en y intégrant les différentes caractéristiques géométriques des 4 dimensions de l'espace-temps, particulièrement en fonction de l'échelle où se déroulent les processus neurobiologiques. Extrêmement plissée à l'échelle de l'inconscient, plat et lisse à l'échelle de la conscience.


"Mounir Belgacem est alors le premier à appliquer cette découverte au fonctionnement quantique du cerveau, notamment via l'intrication (ou enchevêtrement quantique) des neurones qui participent à son développement..." (1)


"Ceci implique que "le système nerveux – et l'encéphale en particulier ne doivent plus être décrits en trois dimensions, mais dans les quatres dimensions de cet espace-temps ... J'ai compris que la neuroanatomie classique allait être révolutionnée", affirme Mounir Belgacem. "En dévoilant un nouveau milieu physique directement constitutif du tissu neurologique, une nouvelle formalisation anthropologique physique intégrant la mécanique quantique est enfin devenue possible." (2)


Il Postule que l'évolution humaine consiste principalement en l'émergence d'un tissage microcanalaire cérébral  gravito-quantique (ER=EPR) de l'étoffe sur laquelle vont s'effectuer les opérations issues de la dialectique cognitive (conscience-l'inconscience). 


Dans le cadre du formalisme de la relativité fractale, il prédit ainsi que naîtrait naturellement du processus décisionnel des ondes gravitationnelles hautes fréquences, participant au refroidissement gravitationnel du cerveau:


"Il explique aussi que, « à l'instar d'une baguette que l'on agite dans l'eau et qui produit des vaguelettes, le cerveau ne rayonne pas seulement de façon thermique, mais aussi gravitationnelle. Avec à la clé des perturbations de type ondes gravitationnelles hautes fréquences, qui seraient notamment à l'origine des artefacts cognitifs responsables des impressions de décorporation dans les expériences de mort imminente". (3)


Il démontre ainsi anatomiquement , que la transformation anatomique humaine peut mathématiquement se réduire  à une intrication globale des cellules cérébrales, du fait  d'un jet cellulaire "neuto-intricateur" (4) issu de la contraction cranio-faciale, selon les lois en vigueurs notamment dans le monde végétal:



"...il défend une théorie selon laquelle "l'évolution humaine serait régie par les mêmes lois d'auto-organisation que celles en œuvre dans le monde végétal". (5)




Interview  Orange (Lien)


(1), (2), (3), (5)   Jean-Pierre Gruest, Kinéactualité n°1403, jeudi 30 avril 2015 (Lien)


(4).  Jet cellulaire neuro-intricateur (Discussion - Vincent Fleury, Biophysicien, CNRS)

 6

MOUNIR BELGACEM

Ev-1

JEAN-BAPTISTE DE LAMARCK

Jean-Baptiste de Lamarck est est un naturaliste français née le1er août 1744. Au début du XIXe siècle, il a réalisé la classification des invertébrés, qui regroupent environ 80 % des animaux.


Jean-Baptiste Lamarck est le fondateur de la biologie en tant que science de la vie ou science des êtres vivants. Il est parmi ceux qui ont inventé le mot, mais surtout, il comprend la biologie comme une science à part entière, comme une science autonome : c'est-à-dire une science distincte non seulement de la physique et de la chimie, mais aussi de la taxonomie, de l'anatomie, de la physiologie et de la médecine.

Il est aussi le premier à proposer une théorie transformiste des êtres vivants à partir de laquelle il élabore une théorie de leur évolution. Celle ci s'articule autour de deux principes:

1- la complexification croissante de l'organisation des êtres vivants sous l'effet d'une dynamique interne propre à leur métabolisme. N'ayant pas encore les connaissances necessaires, il emploira le terme de "force vitale", notion qui, tout en  contribuant à la dégradation métabolique, assurera la complexification des êtres, en contrebalançant de manière plus que necessaire leurs destructions:

"A présent il est facile de sentir que si à cette tendance à la destruction, qui existe dans le corps d'un être organique, on joint dans ce même être une force particulière qui ait la faculté de contrebalancer au moins l'effet de cette tendance ; l'être vivant muni de cette force singulière résistera à sa destruction, et n'en subira l'effet réel, que lorsque la force dont il s'agit, cessera de subsister ou sera devenue insuffisante.

Or la force dont je veux parler, n'est point du tout une supposition gratuite ; c'est le principe même de la vie, principe qui réside dans les fonctions des organes de l'être qui en est doué ; principe en un mot qui constitue le mouvement et l'action organique, d'où naît l'assimilation presque continuelle de la matière en la propre substance de l'être vivant qui se l'approprie. (...) plus cette force vitale est activé,  plus la tendance à la décomposition du corps vivant en qui elle réside, est capable de s'effectuer. (...)" (1)


"Tout mouvement ou changement, toute force agissante, et tout effet quelconque, observés dans un corps, tiennent nécessairement à des causes mécaniques, régies par des lois." (2)


Définissant l'homme comme le sommet de la complexification évolutive, Il expliquera que c'est logiquement chez lui que l'activité métabolique sera la plus active: 


"Cependant, si dans les animaux, et par-dessus tout dans l'homme, la force vitale étant à son plus haut degré d'activité, entraîne alors une tendance plus effective à la décomposition ;  cette même force vitale à aussi en elle - même la faculté de réparer le désordre qu'elle occasionne,  lorsqu'elle agit librement et sans obstacles ; parce qu'alors elle produit une assimilation qui surpasse nécessairement la somme des pertes ; (...)" (3)


2 - La diversification des organismes, ou spécialisation, en espèces, à la suite d'une adaptation à leur milieu de leur comportement ou de leurs organes:

"La progression qui existe dans tout ce que fait la nature est si frappante, qu'elle ne se montre pas seulement dans les mofifications des corps, ou dans la complication de leur composition; mais qu'on la retrouve encore dans la diversité des espèces. Effectivement, toutes celles connues qui constituent le règne minéral, ou même la totalité des corps inorganiques, sont en très - petit nombre relativement à celles déjà observées parmi les végétaux ; et celles-ci, comme nous venons de le dire, sont en nombre fort inférieur à celle des animaux." (4)


Comme l'explique jean Daujat, "si Lamarck, d'après sa théorie générale, est favorable est favorable à l'origine animale de l'homme, il n'en reconnaît pas moins une différence de nature – disons une discontinuité formelle – entre l'animal et l'homme qui a des facultés que n'ont pas les animaux supérieurs et cela le conduit, sans rien pouvoir dire de son destin après la mort, à affirmer l'immortalité de l'âme humaine et donc à n'être pas plus matérialiste qu'athée. Mais ce qui est remarquable pour l'époque, il ne tombe pas dans l'erreur de Platon et de Descartes  voyant en l'âme humaine un esprit pur indépendant du corps, ce qui est inconcevable pour un biologiste (...)" (5)


La description qu'il propose ainsi de l'homme, est une conséquence logique et inévitable de sa définition du transformisme,  intimement lié à sa représentation métaphysique du monde.


"(...) Tout ce qu'on peut entendre par le mot nature, ne peuvent point donner la vie (...) " (6)


" La nature est un ordre de choses, étranger à la matière, déterminable par l'observation des corps, et dont l'ensemble constitue une puissance inaltérable dans son essence, assujetie dans tous ses actes, et constamment agissante sur toutes les parties de l'univers.

Si l'on oppose cette définition à celle de l'univers qui n'est que l'ensemble des êtres physiques et passifs, c'est à dire, que l'ensemble de tous les corps et de toutes les matières qui existent, on reconnaîtra que ces deux ordres de choses sont extrêmement différents, tout-a - fait séparés, et ne doivent pas êtres confondus." (7)


"(...) il règne continuellement dans tout ce qui constitue la nature, une activité puissante, une succession de mouvements et de mutations de tous les genres, qu'aucune cause ne saurait suspendre ni anéantir, si ce n'est celle qui a fait tout exister." (8)


"(...) Or, l'homme ayant su s'élever jusqu'à l'Être Suprême, par sa pensée, à l'aide de l'observation de la nature, ou par d'autres voies, cette grande pensée à étayé son espérance, et lui a inspiré des sentiments religieux, ainsi que les devoirs qu'ils lui imposent." (9)


"(...) Le suprême auteur de tout ce qui est, l'est donc directement de la matière, ainsi que de la nature, et il ne l'est qu'indirectement de tout ce que celle-ci à le pouvoir de produire." (10)


"(...) Dieu seul peut donc créer, tandis que la nature ne peut que produire. (...)" (11)


" La nature, ou l'ordre des choses qui la constitue, est le second et à la fois le dernier des objets créés qui aient pu parvenir à notre connaissance ; (...) c'est encore une puissance créée, inaltérable, la seule, parmi tout ce qui a eu un commencement, qui ne puisse avoir de terme à son existence, s'il plaît à son suprême auteur da la laisser subsister ; (...)" (12)


"(La nature) tenant son existence de la volonté suprême,  elle est inépuisable dans ses forces et ses moyens d'action (...)" (13)


"(La nature) n'est qu'un ensemble d'objets métaphysiques, tous étrangers par conséquent aux parties de l'univers.; que la source de ces objets ne saurait nous être connue, et doit être attribuée à une création particulière, à la volonté du Puissant Auteur de toutes choses; (..)" (14)


"(...) lorsqu'on reconnaît qu'elle même  (la nature) n'est qu'un ordre de choses, qui n'a pu se donner l'existence, en un mot, qu'un véritable instrument ; toute notre admiration et toute notre vénération doivent se reporter sur son sublime auteur." (15)


"(...) un pouvoir qui n'existe lui-meme que par la volonté d'une puissance supérieur et sans bornes (...)" (16)


"(...) un pouvoir qui, quelque grand qu'il soit, ne saurait faire autre chose que ce qu'il fait; en un mot, un pouvoir qui n'existe lui même que par la volonté d'une puissance supérieur et sans bornes, qui, l'ayant institué, est réellement l'auteur de tout ce qui en provient, enfin, de tout ce qui existe." (17)


"Ainsi, la volonté de Dieu est partout exprimée par l'exécution des lois de la nature, puisque ces lois viennent de lui." (18)


"(...) la volonté de Dieu est partout exprimée par l'exécution des lois de la nature, puisque ces lois viennent de lui. Cette volonté néanmoins ne saurais y être bornée, la puissance dont elle émane n'ayant point de limite (...)" (19)


"La nature reconnue, atteste elle même son auteur, et présente une garantie de la plus grande des pensées de l'homme, de celle qui le distingue si éminemment de ceux des autres êtres qui ne jouissent de l'intelligence que dans des degrés inférieurs, et qui ne sauraient jamais s'élever à une pensée aussi grande." (20)


"(..) le mot hasard n'exprime que notre ignorance des causes." (21)


“(...)Il est aussi le seul qui ait senti la nécessité de reconnaître une cause supérieure et unique, créatrice de l'ordre de choses admirables qui existe. Il parvint donc à élever sa pensée jusqu'à l'auteur suprême de tout ce qui est." (22)


"De l'Être suprême dont je viens de parler, de Dieu enfin, à qui l'infini en tout paraît convenir, l'homme a donc conçu une idée indirecte, mais réelle, d'après la conséquence nécessaire de ses observations. Par la même voie, il s'en est formé une autre tout aussi réelle, qui est celle de la puissance sans limites de cet Être, que lui a suggéré la considération de la portion de ses oeuvres qu'il a pu contempler. L'existence et la toute-puissance de Dieu composent donc toute la science positive de l'homme à l'égard de la divinité..." (23)


" La considération du monde physique, dont les parties observées, offrant partout une activité, un ordre et une harmonie inaltérables, ont élevé la pensée de l'homme jusqu'à la reconnaissance du suprême auteur de tout ce qui est." (24)


"Ce que nous observons (...) dans la classe seule des insectes, n'est-il pas mille fois plus que suffisant pour nous faire sentir que les bornes de la puissance de la nature ne lui permettent nullement de produire elle même tant de merveilles et pour forcer le philosophe le plus obstiné à reconnaître qu'ici la volonté du suprême Auteur de toutes choses à été nécessaire et a suffi seule pour faire exister tant de choses admirables ?"  (25)


"(...) le seul qui, par l'éminence de ses facultés intellectuelles, puisse se livrer à l'étude de la nature, en reconnaître et en admirer l'ordre constant, parvenir même à découvrir quelques unes de ses lois, et enfin, remonter, par sa pensée, jusqu'au Suprême Auteur de toutes choses."  (26)



Jean-Baptiste de Lamarck explique c'est par le développement cérébral, véritable donc finalité évolutive, qu'il nomme hypocéphale ou hémisphères plissés, que l'homme  "(...)(il) possède  (dit-il) la faculté de se former des idées de ce qu'il éprouve (...)" (27)  et donc de prendre conscience de la réalité Divine.

Lamarck milite pour une construction cognitive de toute représentations mentale, fusse-t-elle Divine, et ce à partir de l'interconnexion des organes des sens, qu'il nomme "centre de rapport". 

Il définit l'intelligence comme la faculté d'y prêter attention. Il l'assimile donc à un processus cognitif permettant le passage de la sensation,  à sa représentation mentale consciente, c'est à dire la perception. Elle même conservera chez lui une forte connotation psychoaffective puisqu'il nommera cette perception "sentiment intérieur":


"(...)(il) est connu sous le nom de système nerveux, et (...) le système dont il s'agit n'acquiert la faculté de donner lieu au sentiment que lorsqu'il est assez avancé dans sa composition pour offrir des nerfs nombreux qui se rendent à un commun où centre de rapport. " (28)


"Ce centre de rapport est le support physique du sentiment intérieur, acte "conscient" unitaire de l'individu suscité sous l'effet des sensations produites par les stimule d'origine externe et interne." (29)

"Foyer des sensations, qu'il faut considérer comme un centre de rapport..." (30)


"Et vraisemblablement ce foyer est situé (...) dans la base même de ce qu'on nomme le cerveau, et conséquemment sous les hémisphères." (31)


"Les sensations nous avertissent, sans doute, de notre existence; mais c'est seulement lorsque nous les remarquons. Il faut donc pouvoir les remarquer, c'est à dire y penser, y donner de l'attention, et voilà des actes d'intelligence." (32)


"La raison: c'est l'expression de la supériorité d'intelligence qui distingue l'homme de tous les animaux, et qui lui donne la faculté d'examiner tous les objets soumis à ses sens, de comparer ces objets entre eux, ainsi que ses idées de tous les ordres, et de tout juger." (33)


Critiqué par ses adversaires, Lamarck explique que:


"Pour étayer leur opinion  particulière sur la nullité du centre de rapport dans le système sensitif, ils supposent que le besoin de placer l'âme en un point isolé, à fait imaginer ce foyer commun, ce lieu circonscrit où toutes les sensations se rendent." (34)




(1) Jean-Baptiste de Lamarck; Recherches sur les causes des principaux faits physiques et particulièrement sur celles de la combustion;  T2; pp194.195.;  Cité par Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck; Pierre Téqui éditeur; p274

(2) Jean-Baptiste de Lamarck; Cf.ch.III, note 5, al.2; Cité par Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck; Pierre Téqui éditeur; p188

(3) Jean-Baptiste de Lamarck; Recherches sur les causes des principaux faits physiques et particulièrement sur celles de la combustion;  T2; p 196.;  Cité par Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck; Pierre Téqui éditeur; p274

(4) Jean-Baptiste de Lamarck;Système analytique des connaissances positives de l'homme (c)- Paris: chez l'auteur, au Jardin du Roi, A.Belin, impr. - libr., 1820; pp.132.133

(5) Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck;Pierre Téqui éditeur; pp 10.11

(6) Jean-Baptiste de Lamarck; Recherches sur les causes des principaux faits physiques et particulièrement sur celles de la combustion;  T2; p 194.;  Cité par Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck; Pierre Téqui éditeur; p274

(7) Jean-Baptiste de Lamarck; Histoire naturelle des animaux sans vertèbres; p317

(8) Jean-Baptiste de Lamarck; Philosophie zoologique, t1, p 350

(9) Jean-Baptiste de Lamarck; Histoire naturelle des animaux sans vertèbres; p296

(10) Jean-Baptiste de Lamarck; Système analytique des connaissances positives de l'homme (c) - Paris: chez l'auteur, au Jardin du Roi, A.Belin, impr.- libr., 1820; pp  9.10

(11) (11) Ibid, op cit, p12

(12) Ibid, op cit, pp.20,21

(13) Ibid, op cit, p39

(14) Ibid, op cit, p.51

(15) Jean-Baptiste de Lamarck; Histoire naturelle des animaux sans vertèbres; p 214

(16) Jean-Baptiste de Lamarck; Histoire naturelle des animaux sans vertèbres; p 311

(17) Ibid, op cit, p 311

(18) Jean-Baptiste de Lamarck; Histoire naturelle des animaux sans vertèbres; chIV, note,  cité par Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck; Pierre Téqui éditeur; p 331

(19) Jean-Baptiste de Lamarck; Histoire naturelle des animaux sans vertèbres; p 325

(20) Ibid, op cit, p 328

(21) Ibid, op cit, p 329

(22) Jean-Baptiste de Lamarck; Système analytique des connaissances positives de l'homme (c) - Paris: chez l'auteur, au Jardin du1820; pp 7,8, cité par Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , Roi, A.Belin, impr. - libr., les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck; Pierre Téqui éditeur; p 241

(23) Ibid, op cit, p 8, cité par Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck; Pierre Téqui éditeur; p 243

(24) Ibid, op cit, p 75, cité par Jeanne Bonnefoy, Dieu et l'âme , les conceptions philosophiques et religieuses de Lamarck; Pierre Téqui éditeur; p 240.

(25) Jean-Baptiste de Lamarck; Philosophie zoologique, t1, pp 83.84

(26) Jean-Baptiste de Lamarck; Philosophie zoologique, t2, p 356

(27) Ibid, op cit, p 238

(28) Ibid, op cit, p 134

(29) Ibid, op cit, p 135

(30) Ibid, op cit, p 136

(31) Ibid, op cit, p 237

(32) Ibid, op cit, pp 340.341

(33) Jean-Baptiste de Lamarck; Recherches sur l'organisation des corps vivants et particulièrement sur son (c), Agasse, imp.-Lib., Maillard, Lib., An X [1801-1802]. - VIII - p214

(34) PZ. , Jean-Baptiste de Lamarck; Philosophie zoologique,T1, p171          

 

            

Ev-2

RICHARD ALFRED WALLACE

Alfred Russel Wallace, né le 8 janvier 1823 en Angleterre, est un naturaliste, géographe, explorateur, anthropologue et biologiste. Il est le codécouvreur de la théorie de l'évolution par la sélection naturelle avec Charles Darwin.

C'est la proposition de sa théorie qui a incité Charles Darwin à publier la sienne plus tôt que prévu. Wallace fut également l'un des principaux penseurs évolutionnistes du XIXe siècle, contribuant au développement de la théorie de l'évolution grâce notamment au concept de couleurs d'avertissement chez les animaux ou à celui d'effet Wallace. Il est aussi considéré comme un expert en matière de répartition géographique des espèces animales et est parfois appelé le "père de la biogéographie".


Wallace rejetait l'idée que la lutte pour la survie fusse le mécanisme centrale de l'émergence humaine. De l'homme, écrit notamment le naturaliste, "la position verticale, l'absence de poils, l'harmonieuse perfection des mains, les capacités presque infinies du cerveau, constituent une série d"avancées corrélées trop importantes pour être mises sur le compte d'une lutte pour la vie menée par un groupe isolé de singes dans une zone limitée." (1)


Ses expériences et observations l'obligèrent, " dans une démarche rigoureusement inductive " (2) , à concevoir l'existence d'une " loi supérieure " (3), d'une ou de plusieurs " intelligences extrahumaines " (4), pouvant agir sur la matière et influencer notre esprit. " Le raisonnement qui me porte à croire que cette doctrine permettra un jour de rendre compte de certains phénomènes qui résistent encore à la sélection naturelle, suit une démarche parfaitement logique et scientifique " (5)


Wallace explique ainsi  :

" La conclusion que je crois pouvoir tirer de ces phénomènes, c'est qu'une intelligence supérieur a guidé la marche de l'espèce humaine dans une direction définie et pour un but spécial, tout comme l'homme guide celle de beaucoup de formes animales et végétales. " (6)


C'est dans ce sens qu' Alfred Russel Wallace affirmait  que  :

"...la raison d'être de l'univers était le développement de l'esprit humain." (7)


Certains historiens tentèrent de discréditer  l'objectivité des conclusions de Wallace qui affirmait que la sélection naturelle était insuffisante à expliquer le développement de la conscience et de l'esprit humain. Pour ce faire,  son adhésion au  spiritualisme fut instrumentalisée.

Les spécialistes de Wallace  dénoncèrent cette tentative diffamatoire,  maintenant que  ces observations restaient indépendante de ses convictions philosophiques. (8)


Charles Lyell  adopta les idées de Wallace sur l'évolution humaine, au mépris de celle de Darwin.  (9) (10)


"Certains spiritualistes anti-cléricaux, comme Wallace, considèrent que les progrès futurs de la science feront entrer ces phénomènes " étranges " dans le stricte champ  de la recherche scientifique et ils fondent cette certitude sur le passé récent. Grâce à la maîtrise de l'électricité et du magnétisme, il est possible de créer des phénomènes qui eussent été considérés comme des miracles il ya peu  !...Les spiritualistes croient donc qu'il existe un autre monde, en dehors et au-dessus du monde matériel, un monde régit par des lois et peuplé d'esprits qui, parfois, se montrent à nous...  ".  (11)


"(...) durant les longues périodes pendant lesquelles les animaux ont subi dans leur structure entière des modifications assez importantes pour constituer des genres et des familles distincts, des changements équivalents n'ont pu, chez l'homme, affecter que la tête et le cerveau, tandis que son corps restait génériquement, et même spécifiquement, le même. Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi le professeur Owen, se basant sur les caractères de la tête et du cerveau, place l'homme dans une sous-classe distincte des mammifères, tout en admettant que par la charpente osseuse de son corps, il est très-semblable aux singes anthropoïdes, "chaque dent, chaque os, étant exactement homologue, en sorte que la détermination de la différence entre les genres Homo et Pithecus, constitue la grande difficulté de l'anatomie comparée."

Notre théorie reconnaît ces faits et en rend compte  ; ce qui peut-être confirme encore sa vérité, c'est qu'elle ne nous oblige ni à diminuer l'abîme intellectuel qui sépare l'homme du singe, ni à contester le moins du monde les ressemblances frappantes qui existent entre eux à d'autres points de vue." (12)

 

"Parmi les nations civilisées d'aujourd'hui il ne semble pas possible que la sélection naturelle agisse de manière à assurer le progrès permanent de la moralité et de l'intelligence, car ce sont incontestablement les esprits médiocres, sinon les plus inférieurs à ce double point de vue, qui réussissent le mieux dans la vie et se multiplient le plus rapidement.

Cependant il y a positivement un progrès, en somme permanent et régulier, soit dans l'influence morale élevé sur l'opinion publique, soit dans le désir général de culture intellectuelle. Comme je ne puis attribuer à cela la survivance du plus apte, je suis forcé de conclure qu'il est dû à la force progressive inhérente aux glorieuses facultés qui nous élèvent si fort au-dessus des autres animaux, et qui nous fournissent en même temps la preuve de l'existence d'êtres autres que nous, supérieur à nous, desquels nous tenons peut-être ces facultés, et vers lesquels nous tendons peut-être à nous élever." (13)


"(...) je crois avoir prouvé qu'aussitôt que son intelligence, en se développant, eut dépassé un certain niveau inférieur, ce progrès rendant inutiles les modifications de son corps, celui-ci a dû cesser d'être matériellement affecté par la sélection naturelle." (14)

 

"M.Darwin va jusqu'à répéter, à plusieurs reprises, qu'un seul cas de ce genre serait fatal à sa théorie. Si donc nous trouvons chez l'homme des caractères quelconques qui, autant que nous pouvons le prouver, ont dû lui être nuisibles lors de leur première apparition, il sera évident qu'ils n'ont pas pu être produits par la sélection naturelle. Il en serait de même du développement spécial d'un organe si ce développement était, ou simplement inutile, ou exagéré par rapport à son utilité.

De semblables exemples prouveraient qu'une autre loi ou une autre force que la sélection naturelle a dû entrer en jeu. Mais, si nous pouvions apercevoir que ces modifications, bien qu'inutiles ou nuisibles à l'origine, sont devenues de la plus haute utilité beaucoup plus tard et sont maintenant essentielles à l'achèvement du développement moral et intellectuel de l'homme, nous serions amenés à reconnaître une action intelligente prévoyant et préparant l'avenir, aussi sûrement que nous le faisons quand nous voyons l'éleveur entreprendre une amélioration déterminée d'une race d'animaux domestiques ou d'une plante cultivée. Je ferais d'ailleurs remarquer que cette étude est tout aussi légitime et tout aussi scientifique que celle même de l'origine des espèces. C'est une tentative de solution du problème inverse. Il s'agit de découvrir une force nouvelle, bien définie, pour rendre compte de phénomènes qui, d'après la théorie de la sélection naturelle, ne devraient pas avoir lieu." (15)


"Il est difficile de trouver deux caractères  plus différents que le développement du cerveau, et la distribution du poil sur le corps  : et cependant tous les deux nous conduisent à la même conclusion: C'est qu'une force autre que la sélection naturelle a concouru à leur formation. " (16)


"On peut aussi mentionner, parmi les points caractéristiques de l'homme difficiles à expliquer par la sélection naturelle, quelques autres détails moins importants selon moi, que les précédents  ; par exemple, la spécialisation et la perfection du pied et de la main (...) elle a l'apparence d'un instrument préparé pour l'homme civilisé, et sans lequel la civilisation n'eût pas été possible. " (17)


"Il est difficile de comprendre comment ce sentiment mystique du bien et du mal, qui est assez intense pour triompher des idées d'avantage et d'intérêt personnels, aurait pu se développer par une accumulation d'expériences d'utilité...  " (18)


"La théorie d'après laquelle une intelligence directrice aurait contrôlé dans un but personnel, l'action des lois de variation, de multiplication et de survivance (...). Nous savons, cependant, que cette action directrice s'est exercée, et nous devons par conséquent admettre comme possible que, si nous ne sommes pas les plus hautes intelligences de l'univers, un esprit supérieur a pu diriger le travail de développement de la race humaine,  par le moyen d'agents plus subtils que ceux que nous connaissons. Je dois d'ailleurs reconnaître que cette théorie a le désavantage de requérir l'intervention d'une intelligence individuelle distincte, concourant à la production de l'homme intellectuel, moral, indéfiniment perfectible, que nous ne pouvons nous empêcher de considérer comme le but final et le dernier résultat de toute existence organisée. Cette théorie implique donc, que les grandes lois qui régissent le monde matériel ont été insuffisantes à produire l'homme, à moins d'admettre ( ce que nous pouvons faire de bonne foi ), que le contrôle d'intelligences supérieures est une partie nécessaire de ces lois, comme l'action du monde ambiant est l'un des agents du développement organique (...) mais elle a selon moi le double défaut d'être inintelligible et impossible à prouver. Il est plus probable que la loi véritable est hors de portée de notre esprit  ; mais nous avons,  ce me semble, de nombreux indices de son existence (...) " (19)





(1) Alfred R. Wallace, l’explorateur de l’évolution, Peter Raby, Édition de l’évolution, Paris, 2013

(2) Ibid, op. Cit

(3) Ibid, op. Cit

(4) Ibid, op. Cit

(5) Ibid, op. Cit

(6) Alfred Russel Wallace.  ; La sélection naturelle  ; essais  ;. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, p378

(7) Wallace, Darwinism, p. 477

(8) Michael Shermer,  In Darwin's Shadow: The Life and Science of Alfred Russel Wallace, Oxford University Press, 2002 ,pp. 157–160

(9) Evolution: The Remarkable History of Scientific Theory, Edward J. Larson,  , Modern Library, 2004, p.100

(10) Michael Shermer,  In Darwin's Shadow: The Life and Science of Alfred Russel Wallace, Oxford University Press,  2002, pp.160

(11) Alfred Russel Wallace, Plus darwiniste que Darwin mais politiquement moins correcte, Classe des sciences, académie royale de Belgique

(12) Alfred Russel Wallace.; La sélection naturelle; essais; Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, p 346

(13) Ibid, op. Cit p 347

(14) Ibid, op. Cit pp 348-349

(15) Ibid, op. Cit p 351

(16) Ibid, op. Cit pp 366-367

(17) Ibid, op. Cit p 367-368

(18) Ibid, op. Cit p 373

(20) Ibid, op. Cit p 379



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